Les fameux lingots d'or qui ont bel et bien existé.
L’équipe juridique de l’ancien numéro deux de la police nationale, le général Surachate Hakparn, surnommé “Big Joke”, monte au créneau. Son avocat, Sanyapatchara Samart, affirme que l’enquête sur une supposée affaire de pots‑de‑vin en lingots d’or serait entachée d’irrégularités et reposerait sur des preuves contestables.
L’affaire Surachate ne serait qu’un épisode mineur si elle ne visait pas un homme qui s’était donné pour mission de “nettoyer” une police qu’il décrivait comme les écuries d’Augias. Pressenti pour devenir chef national de la police, il semblait promis à un avenir politique éclatant.
Au cœur du dossier : des accusations liées à un prétendu versement de 246 bahts d’or, dans le cadre d’une enquête de la Commission nationale anticorruption (NACC). Selon la défense, cette affaire n’aurait jamais dû être instruite par la police ordinaire. La Constitution impose, rappelle l’avocat, la mise en place d’un comité indépendant désigné par le président de la Cour suprême. En l’absence de cette procédure, l’enquête serait juridiquement invalide.
Autre point de friction : un enregistrement audio présenté comme pièce maîtresse par les enquêteurs. La défense soutient que la voix ne correspond pas à celle de Surachate et qu’il pourrait s’agir d’un montage. Elle évoque la possibilité d’une manipulation via des technologies modernes de clonage vocal ou de “deepfake”. Lors d’une conférence de presse, l’équipe a même démontré la facilité avec laquelle un discours peut être modifié, pour souligner la fragilité de ce type de preuve.
Surachate nie toute implication et assure que le contenu de l’enregistrement ne reflète pas ses conversations réelles. Son avocat a également détaillé sa relation avec un homme d’affaires surnommé “Edward”, entendu dans l’audio contesté. Les deux hommes auraient entretenu des liens amicaux et se seraient soutenus mutuellement dans des affaires passées, sans rapport avec la corruption. Edward aurait quitté la Thaïlande fin 2025 pour des raisons médicales, avant l’émergence des accusations.
La police, de son côté, maintient sa version. Elle affirme disposer de plusieurs éléments concordants — audio, vidéo et documents financiers — qui étayent les soupçons de corruption. Le dossier a été transmis au parquet, chargé de décider d’éventuelles poursuites judiciaires.



