
suite de cette affaire :
Un scandale retentissant secoue la communauté bouddhiste thaïlandaise. Le tribunal criminel de Bangkok a condamné lundi l’ancien abbé de Wat Rai Khing (Nakhom Pathom), Phra Dhammavajiranuvat — connu sous le nom de Thid Yaem — à 50 ans de prison pour détournement massif de fonds du temple. Son proche associé, Aranyawan Wangthaphan, alias “Sika Gen”, a écopé de huit ans de prison.
L’affaire, révélée en 2025 après une enquête de longue haleine, porte sur le détournement de plus de 2 milliards de bahts. Les enquêteurs ont découvert que l’ancien abbé avait transféré d’importantes sommes depuis les comptes du temple vers des comptes personnels, utilisés notamment pour des paris en ligne. Plus de 300 millions de bahts ont été directement reliés à des transactions de jeu via un courtier, ce qui explique le titre de notre article de l’an passé. Par ailleurs, près de 847 millions ont été identifiés sur des comptes liés à “Sika Gen”.
La police avait mené des opérations discrètes pendant huit mois avant d’obtenir des mandats d’arrêt et de saisir des preuves financières au domicile de l’abbé, situé dans l’enceinte du temple. Les procureurs l’ont ensuite inculpé pour plusieurs infractions, dont la mauvaise gestion de biens publics et l’abus de fonction à des fins personnelles.
Le verdict, tombé le 21 avril 2026, marque l’un des cas de corruption les plus choquants dans le milieu religieux thaïlandais. Wat Rai Khing, situé dans la province de Nakhon Pathom, est un temple respecté et influent. L’abbé, entré dans les ordres à l’âge de 12 ans et nommé à la tête du temple en 2008, jouissait d’une grande réputation dans les cercles bouddhistes. Sa chute brutale met en lumière les dérives financières qui peuvent toucher même les institutions religieuses les plus respectées.
Les deux condamnés ont fait appel de la décision, laissant ouverte la suite judiciaire. Mais le choc est déjà immense pour les fidèles et pour l’opinion publique, qui voient dans cette affaire une trahison de la confiance placée dans les moines et les temples.
Au‑delà du cas individuel, ce procès relance le débat sur la transparence financière des institutions religieuses en Thaïlande. Les autorités promettent de renforcer les contrôles, tandis que les fidèles espèrent que ce scandale servira de leçon pour préserver l’intégrité des temples, piliers spirituels et sociaux du pays.
Au même moment, à Nakhon Ratchasima, une vidéo virale montre des individus vêtus de robes de moines consommant de l’alcool et sniffant de la colle sous un bodhi centenaire. La police et les autorités religieuses ont inspecté le site, découvrant bouteilles, colle et vêtements, mais aucun suspect. On ne sait pas s’il s’agit de véritables moines ou d’imposteurs, selon le bureau provincial du bouddhisme.



