
Le docteur Prasert Prasarttong-Osoth, figure majeure de l’économie thaïlandaise, s’est éteint mardi à l’âge de 93 ans. Chirurgien de formation, il avait bâti deux empires qui ont profondément marqué le pays : Bangkok Hospital, devenu le plus vaste réseau hospitalier privé de Thaïlande, et Bangkok Airways, compagnie aérienne qui a ouvert Koh Samui au tourisme mondial.
Né à Bangkok en 1933, quatrième d’une fratrie de dix enfants, Prasert a suivi un parcours académique exemplaire. Diplômé en médecine de l’université Mahidol, il exerça comme chirurgien à l’hôpital Siriraj pendant cinq ans. Mais son esprit d’entrepreneur l’a rapidement poussé vers d’autres horizons. Dès les années 1970, il fonde Bangkok Hospital, qui deviendra Bangkok Dusit Medical Services (BDMS), aujourd’hui coté en bourse et regroupant 58 établissements en Thaïlande et au Cambodge sous des marques prestigieuses comme Samitivej, BNH ou Phyathai.
Visionnaire, il ne s’est pas limité au secteur de la santé. En 1968, il lance Sahakol Air, embryon de ce qui deviendra Bangkok Airways. La compagnie prend son essor dans les années 1980, notamment grâce à la construction de son propre aéroport sur l’île de Koh Samui. Ce pari audacieux lui assure une position dominante sur la ligne Bangkok‑Samui, tout en développant des liaisons vers des destinations culturelles majeures en Asie du Sud‑Est et en Chine. Cotée en 2014, la compagnie reste dirigée par son fils aîné, Puttipong.
Au fil des décennies, Prasert s’est imposé comme l’un des investisseurs les plus riches du royaume. En 2025, il figurait au troisième rang des plus grands actionnaires individuels de Thaïlande, avec une fortune estimée à 33,1 milliards de bahts. Forbes le classait récemment septième fortune du pays, évaluée à 3,6 milliards de dollars.
Marié en 1963 à Wanli Posayachinda, il était père de quatre enfants et en avait adopté un cinquième. Sa fille Poramaporn dirige aujourd’hui BDMS, perpétuant l’héritage médical de son père. Son décès marque la fin d’une époque pour un homme qui a su transformer ses intuitions en institutions durables, influençant à la fois la santé et le tourisme thaïlandais.
Les cérémonies funéraires se tiennent au Wat Thepsirin à Bangkok, avec un bain rituel royal prévu ce mercredi et des prières quotidiennes jusqu’au 28 avril. Le corps sera conservé cent jours, conformément à la tradition. La famille a demandé au public de ne pas envoyer de gerbes, signe de sobriété pour honorer celui qui a façonné deux piliers de la modernité thaïlandaise.



