
Bangkok – septembre 2026. Les autorités thaïlandaises ont ordonné la fermeture pour trois mois du Pathumwan Institute of Technology et du campus Uthenthawai de la Rajamangala University of Technology Tawan-ok, après une nouvelle bagarre spectaculaire entre leurs étudiants à la station BTS Siam, le carrefour le plus fréquenté de la capitale.
La semaine dernière, des bagarres entre étudiants des deux écoles techniques de Bangkok ont encore éclaté sur les quais de la station Siam. Une vingtaine de jeunes se sont affrontés violemment en pleine heure de pointe, provoquant plusieurs blessés et semant la panique parmi les passagers. Les forces de l’ordre, en sous‑effectif, ont eu du mal à séparer les groupes mais ont finalement rétabli le calme. La police analyse désormais les images de vidéosurveillance pour identifier les responsables et engager des poursuites.
Une rivalité historique et sanglante
La rivalité entre ces deux écoles techniques, distantes de moins d’un kilomètre, remonte aux années 1950. Depuis, les affrontements sont devenus une véritable culture de clan, avec des bagarres régulières dans les rues, les bus et les stations de métro.
- Bilan humain : plusieurs dizaines de blessés chaque année, parfois graves.
- Victimes mortelles : au moins une dizaine de jeunes tués au cours des deux dernières décennies, souvent par balles ou armes blanches.
- En 2019, un étudiant de 24 ans a été abattu de quatre balles par des rivaux, un épisode qui avait choqué l’opinion publique.
Dix ans d’efforts sans résultats
Depuis plus d’une décennie, les autorités tentent de contenir ces violences :
- Horaires décalés pour éviter les rencontres entre étudiants rivaux.
- Patrouilles policières renforcées autour des campus et des stations BTS.
- Projet de relocalisation : en 2023, la Cour administrative suprême avait ordonné le déménagement du campus Uthenthawai, installé sur un terrain appartenant à l’université Chulalongkorn. Mais les protestations des étudiants et anciens élèves ont bloqué la mesure, pourtant indispensable.
Malgré ces initiatives, les affrontements continuent. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Yodchanan Wongsawat, a reconnu que ces violences affectent la sécurité publique, mais aussi l’image internationale de Bangkok.
Un problème d’image nationale
Le dernier affrontement, lundi matin, a vu des dizaines d’étudiants s’affronter à coups de couteaux et de bâtons sur le quai bondé du Siam BTS, sous les yeux de centaines de touristes et de passagers locaux. Deux jeunes ont été poignardés. Le ministre a souligné que ces violences menacent non seulement la sécurité, mais aussi la confiance dans une zone vitale pour l’économie et le tourisme.
L’incapacité totale des autorités à contenir ces jeunes interroge, surtout quand on constate que les opposants politiques, eux, sont rapidement envoyés derrière les barreaux.
Cette fermeture temporaire apparaît comme une mesure d’urgence, mais beaucoup doutent qu’elle suffise à briser une culture de violence profondément enracinée. Les “sauvageons” des écoles techniques restent incontrôlables, au cœur même du quartier où convergent chaque jour des milliers d’étrangers.



