
Bangkok, septembre 2026 – Le gouverneur de Bangkok, Chadchart Sittipunt, a annoncé mercredi que la capitale ne délivrerait plus de nouvelles autorisations pour la construction de data centers. Une décision motivée par les inquiétudes croissantes concernant la consommation d’énergie, d’eau et les risques liés au stockage de carburant.
Un secteur en expansion mais encore limité
Bangkok compte actuellement entre 30 et 40 data centers, pour la plupart de petite taille et destinés aux besoins internes des entreprises. Selon Chadchart, leur impact reste minime comparé à d’autres infrastructures comme les grands magasins. Mais la demande pour des centres indépendants et de grande échelle s’est accélérée ces cinq dernières années. Six projets ont été déposés auprès de la municipalité, dont trois ont obtenu une autorisation. Les autres sont suspendus en attendant une révision des règles.
Consommation d’énergie et d’eau sous contrôle
Les autorités de l’électricité et de l’eau ont tenu à rassurer. Les data centers consomment en moyenne 8 mégawatts, bien moins que les grands complexes commerciaux qui dépassent les 100 mégawatts. Côté eau, les plus gros centres utilisent environ 7 800 m³ par mois, contre 20 000 pour un hôpital et jusqu’à 40 000 pour un centre commercial. « Il n’y a pas encore d’impact sur les services », a assuré Supichete Thavorntaveevong, de la Metropolitan Waterworks Authority.
Le problème du carburant
La question la plus sensible reste le stockage de diesel pour assurer une alimentation de secours en cas de panne. La loi limite à 500 000 litres les réserves pour usage interne. Or, près de 200 000 litres ont récemment été retirés d’un centre Edgnex, situé près de Rama IX, pour stockage non autorisé. Le ministère de l’Énergie a suspendu la délivrance de nouvelles licences de carburant, en attendant des règles spécifiques aux data centers.
Vers une régulation centralisée
Le gouvernement prépare la création d’un Data Centre Policy Committee, présidé par le vice‑Premier ministre Ekniti Nitithanprapas. Ce comité devra combler les vides juridiques : aujourd’hui, aucune loi ne définit clairement les data centers, et les compétences sont dispersées entre plusieurs agences (construction, électricité, télécommunications, investissements). L’objectif est d’établir un cadre unique pour encadrer la croissance du secteur, en fixant des conditions sur la consommation de ressources, la sécurité et l’impact environnemental.
Un enjeu stratégique pour l’économie numérique
Les data centers sont au cœur de l’infrastructure numérique, indispensables au stockage et au traitement des données. Mais l’absence de régulation claire expose le secteur à des pratiques risquées, comme le stockage illégal de carburant ou l’exploitation sans permis. Pour Chadchart, il est urgent de mettre en place des règles adaptées : « Les lois actuelles assimilent les data centers à des entrepôts, ce qui ne correspond plus à la réalité. »
En attendant, Bangkok gèle les nouvelles licences, préférant sécuriser ses ressources et ses habitants avant d’ouvrir la voie à de nouveaux projets.



