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La Thaïlande tente de reprendre la main sur le marché du cannabis, mais dans les rues de Bangkok, notamment sur Khaosan Road, la réalité reste bien éloignée des textes. Les nouvelles règles imposent un usage strictement médical, avec prescription obligatoire, mais les dispensaires continuent de vendre librement, et les clients consomment sans grande inquiétude.
Des prescriptions obligatoires… sur le papier
Le cadre réglementaire prévoit que chaque consommateur passe par une clinique de médecine traditionnelle, obtienne un diagnostic et une prescription avant d’acheter. Les boutiques doivent enregistrer les transactions et conserver les documents. Mais dans la pratique, beaucoup de commerces vendent sans ordonnance et régularisent ensuite. Certains médecins délivreraient même des prescriptions en masse, parfois via des accords informels.
Khaosan Road, vitrine des contradictions
Sur cette artère touristique, une dizaine de dispensaires opèrent à quelques mètres les uns des autres. Certains ont embauché un médecin pour vérifier les ordonnances, ce qui augmente les coûts et décourage une partie de la clientèle soucieuse de sa confidentialité. D’autres, au contraire, s’appuient sur la validité de leur licence pour continuer comme avant. Résultat : une application très inégale des règles, où les touristes semblent bénéficier d’une tolérance particulière.
Les autorités défendent leur réforme
Le ministère de la Santé publique affirme que ces mesures visent à transformer progressivement les commerces en cliniques médicales. Les nouvelles licences exigent désormais un lien avec des activités de santé, et des inspections renforcées ont été mises en place. Mais les critiques dénoncent un système déconnecté de la réalité, où les règles existent sur le papier mais peinent à s’imposer dans la pratique quotidienne.
Un marché qui prospère malgré tout
Environ 12 000 licences de distribution sont actuellement valides, dont la moitié expirera cette année. Depuis la dépénalisation, l’usage récréatif a explosé, suscitant des plaintes liées à la fumée, à l’accès des jeunes et à des hospitalisations pour consommation excessive. Les autorités veulent encadrer ce secteur, mais les commerçants s’adaptent plus vite que les régulateurs.
En bref, la Thaïlande affiche des règles plus strictes, mais sur le terrain, le cannabis reste largement accessible. Entre prescriptions théoriques et pratiques souples, le marché continue de prospérer, révélant un fossé persistant entre la réglementation et la réalité.



