
Chon Buri – Une simple sortie de route a conduit vendredi à une découverte spectaculaire : un stock d’armes de guerre caché dans une maison de Pattaya, appartenant à un ressortissant chinois. L’affaire, qui mêle explosifs militaires, entraînements en unité spéciale cambodgienne et consultations en ligne sur des techniques de sabotage, secoue les autorités thaïlandaises.
Le conducteur, Sun Mingchen, 31 ans, voyageait avec une femme taïwanaise lorsque leur berline s’est renversée à Bang Lamung. Indemnes, ils ont été soumis à une fouille qui a révélé des armes dans le véhicule. La perquisition de son domicile, situé dans un lotissement de Pattaya, a ensuite mis au jour un arsenal impressionnant : fusils M16, grenades, mines antipersonnel russes, explosifs C‑4, gilets pare‑balles et même des dispositifs piégés dignes d’un film d’action.
Les enquêteurs ont découvert que la maison était truffée de pièges, avec des grenades reliées à des fils déclencheurs. Les voisins ont été évacués après la découverte d’un gilet pare‑balles bourré d’explosifs prêt à être activé. Sur son téléphone, Sun avait consulté ChatGPT pour obtenir des informations sur la capacité destructrice du C‑4 et sur des méthodes de sabotage. Des vidéos le montrent en entraînement militaire, notamment au sein de l’unité d’élite cambodgienne Command 911, connue comme la “Hun Sen Bodyguard Unit”.
Le chef de la police nationale, Kittharath Punpetch, a ordonné une enquête approfondie, mobilisant plusieurs agences : police provinciale, immigration, unités EOD, mais aussi l’ambassade de Chine, qui se dit prête à coopérer. L’objectif est de retracer l’origine des armes, certaines portant le marquage de l’arsenal officiel de l’armée thaïlandaise.
Sun, détenteur de passeports chinois et cambodgien ainsi que d’une carte de résident en Thaïlande, vivait à Pattaya depuis deux ans. Il avait déjà été marié à une Thaïlandaise et voyageait fréquemment entre la Thaïlande et la Corée du Sud, où il gérait une société de location de voitures. Ses voisins le décrivaient comme sociable, avant d’apprendre avec stupeur qu’il stockait des armes de guerre.
Samedi, il a été présenté au tribunal provincial de Pattaya pour une demande de détention provisoire. Les charges incluent possession illégale d’armes et d’explosifs militaires, ainsi que port d’armes en public sans autorisation. Selon la police, il aurait exprimé à plusieurs reprises son intention de mourir et aurait reconnu les faits.
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a réagi en annonçant que cette affaire serait prise en compte dans la révision de la politique de visa touristique de 60 jours. Le gouvernement envisage de revenir à une exemption de 30 jours, avec prolongations possibles, afin de limiter les risques liés aux réseaux criminels transnationaux. Cependant, force est de constater que cet homme n’a rien de commun avec les touristes exemptés de visas, que ce soit pour 30 ou pour 60 jours, puisqu’il habitait la Thaïlande depuis 2 ans.
Pour les autorités, cette saisie record – plus de 50 millions de baht d’armes et d’équipements – illustre des failles de contrôle. À Chon Buri, l’affaire laisse planer une inquiétude : comment un arsenal de guerre a pu s’installer au cœur d’une zone résidentielle sans être détecté plus tôt ?
Enfin, on s’étonnera qu’un tel délinquant ait été attiré par une station balnéaire familiale comme Pattaya.



