
Phuket – Le Premier ministre et ministre de l’Intérieur Anutin Charnvirakul a affiché dimanche une ligne dure contre les intimidations de type mafieux dans la province touristique de Phuket. En visite sur la plage de Bang Tao, il a assuré que son gouvernement ne tolérerait plus les menaces de groupes criminels et d’influents réseaux accusés d’empiéter sur les terres publiques.
Accompagné de hauts responsables du ministère de l’Intérieur, de la police et de l’administration provinciale, Anutin a inspecté les constructions illégales érigées le long du littoral. Face aux habitants et aux opérateurs, il a dénoncé des pratiques d’extorsion où certains se présentent comme des “protecteurs” en échange de loyers ou de paiements. “Ce ne sont que des voyous ordinaires. Sous mon gouvernement, je ne laisserai pas ces voyous harceler la population”, a-t-il lancé.
Le chef du gouvernement a présenté l’initiative “Bang Tao Sandbox”, un projet pilote visant à résoudre les litiges liés à l’occupation des plages. L’objectif : trouver un équilibre entre l’application de la loi et la préservation des moyens de subsistance des communautés locales. Il a rappelé que nul, pas même l’État, ne pouvait agir au‑dessus des lois.
Les enquêtes ont révélé environ six rai de terrain sans titre de propriété, 34 bâtiments saisis et 46 autres construits sans autorisation. Certains commerces versaient jusqu’à 150 000 bahts par mois à un ancien officier militaire et son épouse, désormais sous investigation, sans que l’on sache s’ils seront réellement inquiétés. Le gouverneur de Phuket, Nirat Pongsitthavorn, a souligné que les plages sont des biens publics et que les autorités doivent garantir l’équité entre propriétaires légitimes et occupants illégaux.
Depuis le début de 2026, la campagne de répression a permis de démanteler 16 restaurants illégaux et de récupérer plus de cinq rai de littoral. Les autorités affirment que des étrangers utilisaient des prête‑noms thaïlandais pour contrôler et étendre leurs activités, compliquant les procédures.
La visite d’Anutin a pris une tournure inattendue : après Bang Tao, il a écourté son programme pour se rendre d’urgence à Ranong, où un entrepôt abritant des marchandises de contrebande d’une valeur de plus de 50 millions de baht venait d’être découvert. Sur place, il a inspecté des machines industrielles, des milliers de climatiseurs et divers équipements soupçonnés d’avoir échappé aux douanes. Il a salué le courage des forces de l’ordre, malgré des pressions et appels mystérieux, là aussi provenant de mafieux se prétendant proches des autorités, visant à faire abandonner le raid.
Ces deux interventions – lutte contre l’empiètement foncier à Phuket et saisie de biens de contrebande à Ranong – traduisent la volonté du Premier ministre de s’attaquer frontalement aux réseaux illégaux. Le projet Bang Tao Sandbox pourrait être étendu à d’autres régions, notamment aux affaires d’empiètement forestier dans le Nord. Pour Phuket, l’enjeu est clair : protéger un littoral précieux face aux intérêts privés et aux pratiques mafieuses.



