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Le vote à l’urne, marginal dans les élections consulaires (17 % contre 83 % en 2021), offre une première photographie très partielle des rapports de force. La sociologie des votants n’est pas homogène : ceux qui se déplacent sont souvent moins familiers des outils numériques et plus attachés aux traditions.
Dans son fief de Khon Kaen, M. Perroy confirme son implantation avec 65 % des voix, et réalise un score honorable à Chiang Mai (31 %). À l’inverse, le Rassemblement national de M. Miné s’impose sur les littoraux : 44 % à Pattaya et Phuket, un peu moins à Samui. M. Laval, handicapé par le nom jugé peu sérieux de sa liste, ne s’impose nulle part, sauf à Rangoon. À Bangkok, métropole moderne et connectée, ce sont les Verts qui arrivent en tête, mais leur faible implantation ailleurs rend l’obtention d’un siège très difficile.
Au final, AFI, RN et Laval se tiennent dans un mouchoir de poche (22 – 25 %). L’ASFE, la droite modérée, est en net recul et pourrait perdre le siège de M. Chevrier, placé en position inéligible. Comme en France, la droite traditionnelle peine à exister entre un RN offensif et un centre plus pragmatique.
Malgré l’excellent résultat, à ce jour, de M. Perroy, seuls deux sièges sont assurés, ceux de MM. Laval et Miné. Les deux autres se joueront sur les votes par Internet.
Les listes modérées ou établies — ASFE, Laval, RN et Verts — devraient engranger davantage de voix en ligne, et c’est Bangkok qui pourrait faire la différence. À ce stade, près de 10 % des électeurs ont voté à l’urne dans les grands bureaux de Chiang Mai, Pattaya, Samui et Khon Kaen, contre seulement 2 % dans la capitale. En 2021, la participation totale avait atteint 22 %.
Pour les deux sièges encore en suspens, M. Perroy, dont l’implantation en Isan est indéniable, reste en bonne position mais son avance pourrait s’effriter en ligne. L’ASFE espère un retour in extremis grâce aux conservateurs de Bangkok. Les Verts misent sur leur popularité auprès des citadins. La liste Laval peut encore repartir avec deux sièges. Et le RN pourrait décrocher un deuxième mandat, porté par des électeurs désireux d’envoyer un signal fort à Paris.
(Les résultats définitifs dépendront du dépouillement complet, notamment du vote par Internet. Les tendances présentées ici ne préjugent pas de l’issue officielle.)



