
Bangkok, 25 août – Le dernier rapport du Conseil national de développement économique et social (NESDC) confirme la bonne dynamique du marché du travail en Thaïlande, tout en pointant des fragilités à surveiller.
Plus d’emplois, mais aussi plus de chômeurs
Au deuxième trimestre 2026, le pays comptait 41,5 millions de personnes en activité, soit une hausse de 5,1 % par rapport à la même période en 2025. L’agriculture et la construction ont particulièrement tiré la croissance de l’emploi. Pourtant, le taux de chômage a légèrement progressé pour atteindre 0,95 %, soit environ 400 000 personnes sans travail. Un chiffre qui peut sembler préoccupant, mais qui reste extrêmement bas : de nombreux pays rêveraient d’un chômage inférieur à 1 %.
Sous‑emploi et chômage de longue durée en hausse
Derrière ce taux flatteur, des signaux plus inquiétants apparaissent. Le sous‑emploi a augmenté de 8 %, et le chômage de longue durée de 11,3 %.
Le sous‑emploi ne signifie pas être au chômage, mais occuper un travail insuffisant. Cela peut prendre plusieurs formes : trop peu d’heures (temps partiel subi), un poste en‑deçà des qualifications, ou une rémunération trop faible pour vivre correctement. En Thaïlande, malgré un taux de chômage officiel inférieur à 1 %, le sous‑emploi progresse, révélant une fragilité cachée du marché du travail. C’est un indicateur clé pour mesurer la précarité réelle derrière des statistiques flatteuses.
Ces tendances traduisent des difficultés persistantes pour une partie de la population, notamment les jeunes et les travailleurs précaires, à trouver des emplois stables et suffisamment rémunérateurs.
De plus, la situation est plus difficile pour les jeunes. Au premier trimestre 2026, le taux de chômage des 15‑24 ans atteignait 4,6 %, bien au‑dessus de la moyenne nationale. Les diplômés universitaires sont particulièrement concernés, avec un taux de 1,7 %, le plus élevé parmi les catégories d’éducation. Ce décalage traduit un problème d’insertion professionnelle et un manque d’adéquation entre formation et besoins du marché.
Endettement des ménages : une pression constante
Sur le plan financier, l’endettement des ménages reste élevé, à 16,41 trillions de baht, en légère hausse de 0,5 % sur un an. Les prêts non performants (NPLs) liés aux crédits personnels en retard de plus de 90 jours atteignent 1,25 trillion de baht, soit 9,2 % du total des prêts. Bonne nouvelle toutefois : ce taux recule par rapport au trimestre précédent (9,59 %), avec des baisses observées dans toutes les catégories de prêts.
Les banques commerciales affichent 170 milliards de baht de créances douteuses, soit 3,25 % du total des prêts. Mais les « special mention loans » (SMLs) ou « créances sous surveillance spéciale », en retard de 31 à 90 jours, continuent de progresser. Ces dossiers fragiles pourraient basculer en mauvaises dettes si la situation économique se dégrade, ce qui en fait un indicateur clé à surveiller.
Un équilibre délicat
La Thaïlande se trouve donc dans une position paradoxale : un marché du travail dynamique, un chômage officiel inférieur à 1 %, mais des poches de vulnérabilité liées au sous‑emploi et à l’endettement. Pour le NESDC, l’enjeu est de consolider les acquis tout en évitant que les fragilités financières ne se transforment en crise sociale.



