
Le débat sur l’avenir de l’industrie automobile thaïlandaise s’intensifie. Alors que les véhicules électriques (EV) séduisent de plus en plus de consommateurs, les constructeurs locaux redoutent la fin du programme d’incitations EV3.5 en 2027. Ce dispositif, qui offre réductions fiscales et subventions aux usines de production de véhicules électriques à batterie (BEV), a permis d’attirer des investissements et de lancer une production domestique. Mais son expiration pourrait ouvrir la voie à une vague d’importations chinoises, profitant des droits de douane nuls de l’accord de libre‑échange ASEAN‑Chine.
Les inquiétudes de l’industrie
Pour Suwat Supakandechakul, président du club automobile de la Fédération des industries thaïlandaises (FTI), l’arrivée massive d’EV importés menacerait directement la production locale et surout les 1 500 fabricants de pièces détachées ou sous-traitants. Les associations professionnelles réclament donc de nouvelles mesures : renforcer l’obligation d’utiliser des composants locaux, ajuster les taxes pour creuser l’écart entre véhicules importés et produits en Thaïlande, et relancer le projet de prime à la casse pour stimuler les ventes.
La réaction des constructeurs chinois
Face aux critiques, certains acteurs chinois affichent leur volonté de s’ancrer durablement dans le pays. Changan, par exemple, a transformé son usine de Rayong en centre de production régional et promet d’atteindre 70 % de contenu local en 2027, puis 80 % en 2030. L’entreprise investit dans une usine de batteries et prévoit d’exporter vers des marchés à conduite à droite comme le Royaume‑Uni. Son vice‑président, Chris Wu, insiste : « Nous sommes ici pour rester, construire et croître aux côtés de l’économie thaïlandaise. »
Un marché sous pression
Malgré ces assurances, la FTI reste prudente. Elle vise une production de 1,5 million de véhicules en 2026, dont 950 000 destinés à l’export. Mais les tensions géopolitiques, notamment au Moyen‑Orient, pourraient compromettre cet objectif. Sur le marché intérieur, les pick‑ups, longtemps champions des ventes, connaissent un déclin continu. Sans soutien gouvernemental, les constructeurs et leurs fournisseurs risquent de souffrir.
Bangkok mise sur l’infrastructure
Parallèlement, la municipalité de Bangkok avance sur le terrain de la transition énergétique. Le 8 juillet, elle a inauguré une station de recharge ultra‑rapide de 960 kilowatts, la plus puissante du pays, dans le district de Thon Buri. Objectif : renforcer la confiance des consommateurs et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La ville multiplie les initiatives – bus électriques, bateaux propres, remplacement progressif des véhicules publics – pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.



