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Bon 14 juillet
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La croissance bridée par les inégalités, alerte de la Banque de Thaïlande

Geo Valin 14 Juil 2026
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La Banque de Thaïlande (BOT) prévoit une croissance de 2,3 % en 2026, un chiffre bien en deçà des performances passées du pays et de celles, présentes, des pays voisins. Le gouverneur Vitai Ratanakorn a averti que l’économie thaïlandaise est désormais incapable de retrouver les rythmes d’expansion de 7 % enregistrés il y a quelques décennies. Les raisons sont multiples : vieillissement de la population, faiblesse chronique de l’investissement, montée des dettes douteuses… mais surtout des inégalités qui minent la croissance.


Un investissement à la traîne

Depuis vingt ans, la Thaïlande n’a pas suffisamment modernisé son appareil productif. L’indice réel d’investissement n’a progressé que de 6 % depuis 1997, contre 200 en Malaisie, 300 en Indonésie et 900 au Vietnam. Résultat : les entreprises thaïlandaises produisent encore les mêmes biens, sans montée en gamme technologique, et perdent en compétitivité. Pour Vitai, l’investissement est « l’élément manquant » du développement national.


Les dettes et la fragilité des PME

Autre menace : la hausse des créances douteuses. Le ratio de prêts non performants (NPL) pourrait grimper vers 4 %, contre environ 2,9 % aujourd’hui. Les petites entreprises et les ménages vulnérables sont les premiers touchés, car ils ont un accès limité au crédit et subissent des coûts financiers plus élevés. Les grandes sociétés, elles, obtiennent des financements abondants et bon marché, accentuant le déséquilibre. Une situation qui se résume ainsi « On ne prête qu’aux riches ».


Une reprise en « K »

La BOT décrit une reprise en forme de K : les grands groupes et les banques affichent des profits solides, tandis que les PME peinent à s’adapter. Les écarts se creusent aussi entre ménages : les plus modestes consacrent une part disproportionnée de leurs revenus à l’énergie et à l’alimentation, ce qui les expose davantage à l’inflation. Ces inégalités freinent la consommation intérieure et limitent la capacité du pays à générer une croissance inclusive.


Exportations concentrées et bénéfices limités

Les exportations ont bondi de 14 % cette année, mais l’essentiel provient de l’électronique liée à l’essor mondial de l’IA (+43 %). Or, 85 % de ces ventes sont réalisées par une centaine d’entreprises, majoritairement étrangères, avec un contenu importé de 70 %. Autrement dit, la valeur ajoutée qui reste en Thaïlande est faible, et les bénéfices ne profitent pas aux PME locales.


Pourquoi les inégalités bloquent la croissance

Les inégalités ne sont pas seulement un problème social : elles réduisent la productivité globale. Quand les grandes entreprises accaparent les financements et les opportunités, les petites structures – qui représentent l’essentiel de l’emploi – stagnent. Le pays se prive ainsi d’un « second dividende démographique » et d’une base solide pour l’innovation. À long terme, cela limite le potentiel de croissance, désormais estimé à 2,7 % seulement, contre 5 % auparavant.


La BOT appelle à un sursaut : investir massivement dans la technologie, soutenir les PME et réduire les écarts de revenus. Sans cela, la Thaïlande risque de rester coincée dans une croissance faible, incapable de rivaliser avec ses voisins. Les inégalités, loin d’être un simple symptôme, sont devenues le principal frein au développement économique. Les employeurs devraient réaliser qu’il est dans leur propre intérêt de rémunérer correctement leurs salariés, afin qu’ils puissent consommer et soutenir l’économie.

Au même moment, le dernier rapport du FMI prévoit une croissance mondiale de 3 % en 2026 et 3,4 % en 2027, légèrement en baisse par rapport aux années précédentes. Pour la Thaïlande, la prévision a été « relevée » à 1,9 % en 2026 grâce aux mesures de relance et aux exportations technologiques, donc en dessous de celle de la Banque centrale. Le Vietnam, lui, devrait bondir à 7,5 %, porté par la demande intérieure et l’essor de l’IA. En revanche, les Philippines voient leur prévision abaissée à 3,9 %, signe des disparités régionales face aux chocs mondiaux.

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