Une lettre est remise aux délégués du FMI à l'air dégoûté
Bangkok, 16 octobre 2026 – Ils sont venus de provinces rurales, souvent âgés, parfois handicapés, pour faire entendre leur voix. Les membres de l’Assembly of the Poor, rejoints par La Via Campesina, ont défilé depuis Lumphini Park jusqu’à l’intersection d’Asok, où un mur de conteneurs et de policiers anti‑émeutes les a stoppés. Malgré la chaleur et la fatigue, près de 800 manifestants ont tenu leur position, brandissant pancartes et slogans contre les politiques du FMI et de la Banque mondiale.
Bloqués mais déterminés
La police avait quadrillé les accès au Queen Sirikit National Convention Center, lieu des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Les manifestants ont été autorisés à rester devant le barrage, mais pas à s’approcher davantage. Les forces de l’ordre ont utilisé des conteneurs maritimes et des boucliers pour contenir la foule, provoquant des heurts. Amnesty International a dénoncé des violences policières, rappelant que sept personnes ont été blessées.
Une lettre remise aux délégués
Malgré les obstacles, les protestataires ont réussi à remettre une lettre de revendications aux représentants des institutions financières. Les témoins décrivent des délégués « visiblement mal à l’aise, presque dégoûtés » en recevant le document. Les militants y exigent l’annulation des dettes paysannes, la souveraineté alimentaire, la réforme agraire et la fin des privatisations. Pour eux, les politiques imposées par ces institutions aggravent la pauvreté et détruisent les communautés rurales.
Des visages marqués par la précarité
La marche était composée en grande partie de personnes âgées et pauvres, venues témoigner de leurs difficultés quotidiennes. Beaucoup racontent des dettes écrasantes, des terres perdues ou des revenus insuffisants. Leur présence symbolise une fracture sociale : ceux qui subissent les conséquences des politiques économiques veulent être entendus directement par ceux qui les conçoivent.
Une contestation qui s’installe
Les manifestants ont annoncé qu’ils resteraient jusqu’à la fin du sommet, le 18 octobre. D’autres groupes, comme la Confédération des travailleurs des entreprises publiques, ont également déposé des pétitions. Mais c’est l’Assembly of the Poor qui incarne le cœur de la contestation : une mobilisation persistante, malgré la répression, pour rappeler que derrière les chiffres et les réformes se trouvent des vies fragiles.
En résumé, la scène d’Asok illustre un contraste saisissant : des paysans pauvres, souvent âgés, tendant une lettre de détresse à des délégués internationaux bien habillés qui détournent le regard. La lutte continue, et les manifestants promettent de rester visibles jusqu’à ce que leurs voix soient prises en compte.



