
Bangkok — Netflix voit grand pour la Thaïlande. Le géant du streaming estime que le royaume pourrait devenir un pôle de production audiovisuelle comparable à la Corée du Sud, à condition de renforcer la protection de la propriété intellectuelle et de garantir une plus grande liberté créative aux studios locaux.
Des atouts déjà solides
Andrew Ure, vice‑président des affaires mondiales pour l’Asie‑Pacifique, a présenté cette vision lors du forum Creativity as Capital organisé en marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok. Il a mis en avant les équipes techniques expérimentées, une industrie télévisuelle bien établie, la diversité des décors et les incitations gouvernementales comme autant d’arguments pour attirer davantage de productions internationales.
Des investissements déjà conséquents
Entre 2021 et 2024, Netflix a injecté plus de 200 millions de dollars dans des contenus thaïlandais, soutenant plus de 20 films et séries originaux et employant 13.500 acteurs et techniciens. La plateforme finance aussi des programmes de formation pour aider les créateurs locaux à exporter leurs œuvres.
Des conditions à améliorer
Ure a toutefois insisté : la Thaïlande doit renforcer la protection juridique des droits d’auteur et assurer une application efficace pour rassurer producteurs et investisseurs. Les incitations fiscales sont jugées compétitives, mais les règles doivent offrir aux créateurs la liberté de développer des contenus variés.
Une stratégie nationale en préparation
L’agence publique thaïlandaise Creative Economy Agency (CEA) prépare un plan d’action 2028‑2032 pour développer l’économie créative : internationaliser les contenus thaïlandais, valoriser la propriété intellectuelle, former les talents et répartir la croissance dans tout le pays.
Un impact au‑delà du cinéma
Selon Netflix, les productions thaïlandaises peuvent aussi stimuler le tourisme et renforcer la visibilité culturelle du pays. Les décors de films et séries, comme Koh Samui pour The White Lotus, attirent déjà des visiteurs. Le gouvernement indique que les tournages étrangers ont généré 7,5 milliards de bahts sur les neuf premiers mois de 2026.
L’IA comme outil, pas comme menace
Ure a évoqué l’intelligence artificielle comme un soutien technique (storyboard, post‑production), surtout pour les petits studios, mais a rappelé que la créativité humaine reste au cœur du succès.
Pour la Thaïlande, l’enjeu est clair : consolider ses atouts, améliorer la protection des droits et offrir un cadre créatif plus souple. Si ces conditions sont réunies, le pays pourrait devenir dans les prochaines années un hub mondial du cinéma et des séries, avec des retombées économiques et culturelles majeures.



