
Le marché immobilier thaïlandais est en pleine mutation. Premier constat : les Thaïlandais privilégient de plus en plus les logements de seconde main. Selon le Real Estate Information Center (REIC), au premier trimestre 2026, les reventes ont représenté 67 % des transferts en volume et 59 % en valeur, soit 48 446 unités pour 93,3 milliards de bahts. Les acheteurs locaux, confrontés à un pouvoir d’achat en berne, se tournent vers des biens existants, souvent moins chers que les neufs dans des zones comparables. Les prix moyens des logements anciens ont même reculé à 2,36 millions de bahts en 2025, confirmant leur attractivité.
Les terrains de Bangkok flambent
À l’opposé, le marché foncier de Bangkok continue de s’envoler, porté par les mégaprojets mixtes et l’expansion du réseau ferré. Le secteur Ploenchit–Chidlom–Wireless reste le plus cher du pays, avec des transactions atteignant 3,8 millions de bahts par square wah (soit 4 m²), donc environ un million le m². Rama IV dépasse les 3 millions par S.W., tandis que Sukhumvit et Silom-Sathon suivent la même tendance. Même les zones périphériques comme Bang Na ou Krungthep Kreetha voient leurs prix grimper, dopés par les projets de luxe et les centres commerciaux géants. Résultat : malgré un ralentissement des transactions globales, les emplacements stratégiques restent prisés et affichent une croissance soutenue.
Les Russes s’imposent parmi les acheteurs étrangers
Autre évolution notable : les Russes deviennent le deuxième groupe étranger sur le marché des condominiums, derrière les Chinois mais devant les Birmans. Au premier trimestre 2026, leurs acquisitions ont bondi de 33 % en volume et de 69 % en valeur, atteignant 1,66 milliard de bahts. À Phuket, ils représentent 44 % de la valeur totale des transferts étrangers, avec une préférence marquée pour les biens haut de gamme. Les communautés russes déjà établies et l’activité d’agents russophones expliquent cette dynamique, renforcée par un assouplissement des contraintes liées aux transferts bancaires.
Les promoteurs misent sur Bang Yai et Rangsit
Enfin, deux zones périphériques de Bangkok, Bang Yai (Nonthaburi) et Rangsit (Pathum Thani), sont en train de devenir de véritables pôles économiques et résidentiels. L’arrivée de la ligne violette du métro et de nouvelles autoroutes a déclenché un boom immobilier à Bang Yai, où les prix des terrains pourraient bientôt atteindre 300 000 bahts par square wah. De grands groupes comme TCC ou Proud Real Estate y lancent des projets mixtes et des complexes sportifs. À Rangsit, Central Pattana prépare un projet géant sur 750 rai, présenté comme la “future city” du nord de Bangkok, tandis que Supalai développe un vaste hub résidentiel et éducatif.
Un marché à deux vitesses
En résumé, le marché immobilier thaïlandais évolue à deux vitesses :
- Les acheteurs locaux privilégient l’ancien, plus abordable et mieux adapté à la conjoncture économique.
- Les investisseurs étrangers, notamment russes, se tournent vers les condominiums haut de gamme, avec une préférence pour Phuket.
- Les promoteurs misent sur les terrains stratégiques de Bangkok et sur les nouvelles zones de croissance en périphérie.
Cette combinaison dessine un paysage contrasté : d’un côté, une recherche de prix accessibles pour la majorité des Thaïlandais ; de l’autre, une flambée des valeurs foncières et un appétit marqué pour le luxe chez les investisseurs étrangers.



