
Le Conseil des consommateurs thaïlandais (TCC) a annoncé qu’il allait déposer une plainte civile contre Facebook et sa maison mère, Meta, accusées de ne pas avoir empêché la prolifération d’annonces frauduleuses visant les internautes du royaume. L’action sera déposée le 8 juin devant le tribunal civil de Bangkok.
Des milliers de victimes
Entre 2024 et mars 2026, le TCC a recensé 6 164 plaintes liées à des escroqueries en ligne, dont 3 793 directement associées à Facebook. Les victimes sont des professionnels, des commerçants, mais aussi des consommateurs ordinaires, séduits par des publicités trompeuses. Produits jamais livrés, services fictifs, fausses marketplaces : les arnaques se multiplient.
Le président du TCC, Boonyuen Siritham, accuse Facebook de continuer à engranger des revenus publicitaires tout en laissant circuler des contenus frauduleux. Selon lui, la plateforme applique en Thaïlande des standards de sécurité plus faibles que dans certains pays occidentaux.
Une plainte pour faire bouger les lignes
La procédure vise à démontrer que Facebook n’a pas mis en place de contrôles suffisants : vérification d’identité trop laxiste, absence de protection des consommateurs, tolérance envers les fausses annonces. Le Conseil espère que cette action judiciaire obligera les géants du numérique à assumer davantage de responsabilités.
La présidente du Conseil, Saree Ongsomwang, insiste : « Cette affaire repose à la fois sur des considérations juridiques et éthiques liées au rôle de Facebook dans le maintien d’activités frauduleuses sur sa plateforme. »
Un marché colossal
Avec environ 51 millions d’utilisateurs en Thaïlande, Facebook est l’un des réseaux sociaux les plus utilisés du pays. L’impact des escroqueries y est donc massif. Le TCC veut rapprocher les standards de protection des consommateurs de ceux appliqués en Europe ou aux États-Unis.
Les règles en Europe francophone
- France : La loi sur la protection des consommateurs impose aux plateformes de retirer rapidement les contenus frauduleux signalés. La DGCCRF peut sanctionner les manquements et infliger des amendes.
- Suisse : La Loi fédérale contre la concurrence déloyale interdit les pratiques trompeuses. Les plateformes doivent coopérer avec les autorités et peuvent être poursuivies en cas de négligence.
- Belgique : Le Code de droit économique prévoit des obligations de transparence et de loyauté. Les plateformes doivent retirer les annonces frauduleuses et peuvent être tenues responsables si elles ne réagissent pas.
Le bras de fer engagé en Thaïlande illustre une tendance mondiale : les consommateurs exigent que les géants du numérique cessent de se défausser et garantissent une protection réelle contre les escroqueries.



