
Trat – L’archipel de Koh Chang s’apprête à changer de visage. L’Administration des zones désignées pour le tourisme durable (Dasta) a présenté un plan stratégique de développement de 72 projets, doté d’un budget de plus de 4,16 milliards de bahts, pour transformer l’île et ses environs en destination mondiale du tourisme nature.
Lors d’une réunion publique organisée mardi à Trat, le vice‑gouverneur Sakorn Nilrat a réuni représentants d’agences gouvernementales, entrepreneurs, communautés locales et organisations partenaires. Objectif : affiner le projet grâce aux retours des habitants et des acteurs économiques.
Le directeur de Dasta, Siripakorn Cheawsamoot, a expliqué que la stratégie repose sur le concept de tourisme régénératif : restaurer et valoriser les ressources naturelles et les communautés locales tout en améliorant la qualité de l’accueil et en répartissant plus largement les revenus. « Nous avons voulu associer les parties prenantes dès le départ pour rendre le plan réaliste et applicable », a‑t‑il souligné.
Wacharee Churaksa, directrice adjointe des opérations, a précisé que l’agence vise à créer de nouvelles expériences pour des visiteurs de qualité, tout en renforçant le rôle des communautés dans la chaîne de valeur touristique. L’idée est de bâtir une résilience économique durable, au‑delà des seules infrastructures. Derrière cette formule aussi ambiguë que pompeuse de « résilience économique durable, », les autorités souhaitent construire une économie locale capable de tenir dans la durée, même face aux crises. En pratique, il s’agit de diversifier les revenus, impliquer les communautés et protéger les ressources naturelles. Ainsi, le tourisme ne profite pas seulement à court terme mais soutient un développement équilibré et résistant aux chocs.
À Koh Chang, le responsable local de Dasta, Krit Phumisuwan, a insisté sur l’ambition : faire de l’archipel un hub touristique international grâce à des investissements dans les transports, la gestion des ressources naturelles et les capacités d’accueil.
La vision affichée est claire : « Un archipel modèle pour la régénération des écosystèmes dans le golfe de Thaïlande, servant de destination internationale de tourisme nature, attirant des visiteurs de qualité et redistribuant durablement les revenus aux communautés locales. »
Le plan prévoit aussi de diversifier l’offre : tourisme de bien‑être, événements culturels et créatifs, festivals et circuits artistiques. Autant de segments censés attirer une clientèle à forte valeur ajoutée et prolonger la saison touristique.
Avec ce budget colossal et une stratégie axée sur la durabilité, Koh Chang espère se positionner comme vitrine du tourisme responsable en Thaïlande.
Reste à savoir si ces projets verront réellement le jour, s’ils parviendront à concilier développement économique et protection de l’environnement, et à quel moment habitants comme visiteurs pourront en bénéficier. Le risque, sinon, est que ce plan ambitieux demeure lettre morte malgré les dépenses importantes.
Ce nouveau plan ne mentionne plus le pont annoncé depuis des années. Reste à savoir si cet ouvrage d’art sera réellement construit et comment il s’intégrera dans le développement global de l’île.



