
À partir du 1er mai, le gouvernement thaïlandais lancera la campagne « Thai Help Thai » dans les 878 districts du pays, avec pour objectif de réduire le coût de la vie et d’élargir l’accès au marché pour les petites et moyennes entreprises (PME).
Chaque vendredi de mai, des ventes de produits de consommation à prix réduit seront organisées dans les bureaux de district. Cette initiative prolonge une première phase lancée en avril via les grandes chaînes de distribution, désormais étendue aux commerces locaux et aux plateformes en ligne, comme Shopee, Lazada, TikTok, GrabMart et LINE MAN.
Le programme s’appuie sur des partenariats avec les principaux opérateurs de la grande distribution — Makro, Lotus’s, Big C, Tops et Go Wholesale — afin de rapprocher les biens essentiels à prix bas des consommateurs.
Dans sa deuxième phase, la campagne prévoit de soutenir environ 2 000 PME thaïlandaises en facilitant leur accès aux plateformes numériques. Des mesures incitatives incluent la prise en charge des frais de livraison et des coupons de réduction de 100 bahts, pour un total de 500 000 utilisations. Les plateformes participantes renonceront également à certains frais pour alléger les coûts des entreprises. Plus de 3 000 produits essentiels seront proposés avec des rabais allant jusqu’à 58 %, principalement des marques distributeurs, mais aussi des promotions sur d’autres références.
La Banque de Thaïlande écarte le spectre de la stagflation
Alors que les inquiétudes grandissent dans le secteur industriel, le gouverneur de la Banque de Thaïlande, Vitai Ratanakorn, a rejeté l’idée que le pays soit déjà en stagflation. Selon lui, la situation économique actuelle ne correspond pas à la définition stricte du terme, qui suppose une inflation élevée et persistante sur une longue période, affectant durablement la structure économique.
Vitai a rappelé que la croissance faible et la hausse des coûts ne suffisent pas à qualifier une économie de stagflation. « Le comité de politique monétaire n’a jamais abordé ce sujet en réunion », a-t-il précisé, ajoutant que l’emploi ne montre pas de signes de dégradation brutale, contrairement aux cas typiques de stagflation ailleurs.
Pression sur l’industrie, inquiétudes persistantes
Le débat reste vif, car les industriels subissent une forte pression : fermetures d’usines en hausse de 58 % en début d’année, chute de 60 % des nouvelles ouvertures, et un taux d’utilisation des capacités tombé à 58 %. Les coûts de production et de transport, dopés par le diesel et les pénuries de matières premières, comme les résines plastiques et l’aluminium, alimentent les craintes d’une inflation prolongée.
Malgré ces tensions, la Banque de Thaïlande estime que l’inflation n’est pas encore enracinée. Les prévisions tablent sur une croissance de 1,2 à 1,6 % en 2026, avec une inflation comprise entre 2 et 3 %.
En bref : le gouvernement mise sur la campagne « Thai Help Thai » pour soulager les ménages et dynamiser les PME, tandis que la Banque centrale tente de rassurer face aux craintes de stagflation.



