
Le ministère thaïlandais de la Santé publique entend accélérer l’intégration du cannabis médical dans l’économie de la santé, profitant de l’assouplissement récent des règles aux États‑Unis. Mais les autorités insistent : il s’agit avant tout d’exportation, et non d’une libéralisation des ventes locales, qui resteront strictement encadrées.
Une stratégie tournée vers l’international
Le ministre de la Santé publique, Pattana Promphat, a confirmé que la Thaïlande prépare des ajustements législatifs pour aligner son cadre sur les évolutions mondiales. L’objectif est clair : développer un secteur structuré couvrant la culture, la transformation et la distribution de produits médicaux à base de cannabis.
Cette orientation intervient alors que les États‑Unis ont décidé de reclasser certains produits dérivés du cannabis médical, les faisant passer de la catégorie la plus restrictive (Schedule I) à une classification plus souple (Schedule III). Ce changement réduit les obstacles à la recherche et au financement, et ouvre des perspectives de marché évaluées à plus de 47 milliards de dollars en 2026.
Pas de changement pour le marché intérieur
Les autorités thaïlandaises insistent : les ventes locales resteront limitées et contrôlées. Depuis 2024, le pays a renforcé la réglementation, obligeant les boutiques de cannabis à se conformer au modèle médical et interdisant la vente libre. Les extraits et produits dérivés doivent répondre à des normes strictes et ne peuvent être utilisés qu’à des fins médicales ou de recherche.
Autrement dit, l’ouverture vers l’international ne signifie pas une libéralisation domestique. Les consommateurs thaïlandais ne verront pas de changement dans l’accès au cannabis, qui demeure réservé à un usage médical encadré par prescription et autorisation.
La Thaïlande espère se positionner comme fournisseur de produits médicaux de qualité, capables de répondre aux standards internationaux. Le gouvernement veut éviter tout risque de rejet par les pays importateurs, en garantissant traçabilité et conformité.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique de “health economy”, où le cannabis médical est perçu comme un levier de croissance, au même titre que les biotechnologies ou les extraits pharmaceutiques. Les autorités évoquent même un « double dividende » : générer des revenus à l’export tout en renforçant la réputation du pays dans le domaine de la santé.
Le virage américain sur le cannabis médical offre une fenêtre d’opportunité que la Thaïlande entend saisir. Ainsi, la Thaïlande veut transformer le cannabis médical en produit d’exportation stratégique.



