
La Chambre des représentants thaïlandaise a adopté mercredi un projet de loi visant à renforcer la protection de la médecine traditionnelle et à promouvoir le secteur des plantes médicinales comme atout économique stratégique.
Le texte, baptisé Thai Traditional Medicine and Alternative Medicine Act, ou Loi sur la médecine traditionnelle thaïlandaise et la médecine alternative, a reçu le soutien de plusieurs partis, dont les Démocrates et le Pheu Thai. Les parlementaires ont souligné son potentiel pour améliorer la sécurité pharmaceutique, protéger les savoirs ancestraux et stimuler l’économie du bien‑être.
La députée démocrate Rudklao Intawong Suwankhiri a insisté sur l’importance de ce projet au‑delà de la santé : « Il s’agit de sécurité des médicaments, de sécurité sanitaire et de création d’une économie à forte valeur ajoutée fondée sur la sagesse locale. » Elle a rappelé que la Thaïlande dispose de plus de 16 789 espèces de plantes et près de 55 000 remèdes traditionnels, mais reste surtout exportatrice de matières premières, laissant aux pays étrangers la recherche et la valorisation.
Le projet de loi prévoit que les communautés détentrices de savoirs médicinaux soient reconnues, protégées et justement rémunérées lorsque leurs remèdes sont utilisés commercialement. Rudklao a également évoqué les leçons de la pandémie de Covid‑19 : réduire la dépendance aux médicaments importés et renforcer l’autonomie nationale grâce aux produits de santé et aux plantes locales.
Elle a cité l’andrographis (Fah Thalai Jone) et le curcuma comme exemples d’herbes pouvant être intégrées dans les soins, à condition d’être soutenues par des preuves scientifiques et des normes de production. Parmi ses propositions figurent la protection des droits communautaires, l’élargissement des recherches cliniques, la simplification des procédures, la désignation d’herbes stratégiques et la création d’une chaîne de valeur complète profitant aux agriculteurs, chercheurs et entrepreneurs.
Du côté du Pheu Thai, la députée Manaporn Charoensri a rappelé que la législation actuelle, en vigueur depuis plus de 26 ans, ne répond plus aux besoins modernes. Elle a souligné que le marché des plantes médicinales représentait 56 milliards de bahts en 2023, avec une croissance annuelle moyenne de 14 %, et qu’il avait bondi de 23 % en 2024 sous l’effet de la demande mondiale.
Le projet introduit pour la première fois la protection des droits de propriété intellectuelle communautaires et impose aux entreprises d’obtenir une autorisation et de verser une compensation avant d’utiliser des remèdes traditionnels.
Pour les parlementaires, cette réforme pourrait transformer la Thaïlande d’un simple fournisseur de matières premières en acteur majeur de l’innovation dans le domaine de la santé naturelle.



