
Les saisies spectaculaires de cannabis en provenance de Thaïlande se multiplient, révélant l’ampleur d’un trafic qui semble désormais difficile à contenir. Le 2 septembre 2026, les douanes de Hong Kong ont intercepté un conteneur maritime en provenance du royaume, contenant 535 kilos de têtes de cannabis dissimulées dans des cartons censés transporter des boîtes isolantes. La valeur de la cargaison est estimée à 125 millions de dollars hongkongais, soit plus de 530 millions de bahts. Il s’agit de la plus importante saisie de cannabis par voie maritime jamais réalisée dans la ville.
Les enquêteurs ont découvert que la drogue était conditionnée sous vide, cachée dans 364 cartons sur 1 342, avec des dispositifs de suivi dissimulés. Après deux semaines de surveillance, une livraison contrôlée a permis l’arrestation de trois suspects : deux Hongkongais et un ressortissant vietnamien. Le trafic de stupéfiants à Hong Kong est passible de la prison à vie et d’une amende de 5 millions HK$.
Cette saisie record illustre une tendance inquiétante : les interceptions de drogues par voie maritime ont augmenté de 55 % au premier semestre 2026, avec plus de 1 900 kilos saisis. Le cannabis et la kétamine représentent près de 60 % des substances confisquées.
La Thaïlande, qui avait légalisé l’usage médical du cannabis en 2018 et assoupli sa réglementation en 2022, se retrouve désormais au cœur d’un trafic international. Les autorités hongkongaises précisent que l’origine exacte de la production n’est pas confirmée, mais le fait que le conteneur parte de Thaïlande alimente les inquiétudes sur la capacité du pays à contrôler ses exportations.
Quelques jours plus tard, le 10 septembre 2026, les douanes de La Réunion ont saisi 140 kilos de cannabis thaïlandais dissimulés dans un fret aérien en transit vers Amsterdam. Les agents ont découvert 258 poches conditionnées sous vide derrière des articles de consommation courante. Cette opération s’ajoute à une série de saisies en une semaine, totalisant plus de 200 kilos de stupéfiants interceptés sur l’île où les policiers français font preuve d’une grande efficacité.
Ces affaires montrent que les réseaux criminels exploitent les failles logistiques et la réputation de la Thaïlande comme nouveau hub du cannabis. Les cargaisons passent par des routes variées : fret maritime, transit aérien ou mules individuelles.
Face à cette situation, les autorités thaïlandaises sont sous pression. Le gouvernement avait promis un encadrement strict de la filière, mais les saisies à l’étranger révèlent une perte de contrôle. Les producteurs locaux, parfois liés à des investisseurs étrangers, semblent alimenter un marché parallèle qui échappe aux régulations.
Sur le territoire, et même s’il ne s’agit pas de cannabis, la police a intercepté un trafic massif de méthamphétamine. Le 22 septembre, un van poursuivi par les forces de l’ordre a percuté une clôture résidentielle. À l’intérieur, les agents ont découvert 464 kilos de crystal meth dissimulés dans des sacs portant des étiquettes de thé chinois. Le conducteur, âgé de 23 ans, a expliqué avoir été payé 500 000 bahts pour transporter la cargaison depuis Mae Sai (Chiang Rai) jusqu’à Songkhla, à la frontière sud. L’affaire illustre l’ampleur du trafic de stupéfiants en Thaïlande et la diversité des routes utilisées par les réseaux.



