
Une découverte exceptionnelle vient de placer la Thaïlande sous les projecteurs de la communauté scientifique internationale. Des chercheurs ont identifié dans la province de Krabi les fossiles d’un gigantesque rongeur ayant vécu il y a entre 33 et 35 millions d’années. Baptisé Yakamys sirindhornae, cet animal pesait environ 30 kilogrammes, soit l’équivalent d’un gros chien, et constitue le plus grand rongeur connu de la période Paléogène.
Les fossiles ont été mis au jour dans les couches sédimentaires du bassin houiller de Bang Mak, dans le sud de la Thaïlande. Les chercheurs ont étudié plusieurs molaires et incisives fossilisées avant de conclure qu’il s’agissait d’un genre et d’une espèce jusqu’alors inconnus. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique internationale Scientific Reports.
Selon le ministre thaïlandais des Ressources naturelles et de l’Environnement, Suchart Chomklin, cette découverte représente une avancée majeure dans la compréhension de l’évolution des mammifères. Les analyses montrent en effet que certains rongeurs ont atteint de très grandes tailles beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait jusqu’à présent.
L’étude révèle que l’évolution vers de grands gabarits chez les rongeurs aurait commencé entre 15 et 20 millions d’années plus tôt que ce qu’indiquaient les connaissances scientifiques actuelles. Un résultat susceptible de modifier la compréhension de l’histoire évolutive de cette vaste famille animale, qui comprend aujourd’hui les rats, les écureuils, les castors ou encore les capybaras.
Cette découverte est aussi le fruit d’une importante coopération internationale. Les recherches ont été menées par le Département thaïlandais des ressources minérales en collaboration avec des scientifiques français et canadiens. L’équipe était dirigée par la paléontologue Yaowalak Chaimanee, spécialiste des mammifères fossiles au sein du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en France. La participation française a joué un rôle central dans l’analyse et l’identification des fossiles, tandis que les chercheurs canadiens ont également contribué aux travaux ayant conduit à la description de cette nouvelle espèce.
Le nom sirindhornae a été attribué avec l’autorisation royale afin d’honorer Son Altesse Royale la princesse Maha Chakri Sirindhorn, reconnue pour son engagement de longue date en faveur de la science, de la géologie et de la paléontologie en Thaïlande.
Conservés aujourd’hui par le Département thaïlandais des ressources minérales, ces fossiles confirment également l’importance des gisements de Krabi, considérés comme l’un des sites les plus prometteurs d’Asie du Sud-Est pour l’étude de la préhistoire et de l’évolution des mammifères.



