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La Thaïlande tente une nouvelle fois de séduire les investisseurs étrangers pour faire de l’aéroport d’U‑Tapao et du corridor économique de l’Est (EEC) un hub aérien régional. En visite officielle en France, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a présenté aux entreprises hexagonales les atouts du royaume dans l’aviation, la maintenance aéronautique (MRO) et la logistique avancée.
Selon la porte‑parole du gouvernement, Rachada Dhnadirek, plus de 38 sociétés françaises ont participé aux échanges organisés avec le MEDEF International. Les discussions ont mis en avant la position stratégique de la Thaïlande en Asie du Sud‑Est, ses infrastructures en développement et la possibilité de transformer U‑Tapao en plateforme régionale capable d’accueillir jusqu’à 60 millions de passagers par an. Le projet Eastern Aviation City prévoit également un centre de maintenance et une zone franche dédiée au fret aérien, pour un investissement estimé à près de 219 milliards de bahts.
Les ambitions affichées rappellent un précédent : il y a huit ans, Airbus et Thai Airways avaient déjà envisagé un partenariat similaire à U‑Tapao pour développer un centre de maintenance et de formation. L’accord, annoncé en grande pompe, après la visite du Premier ministre putschiste, Prayut Chan-o-cha à Toulouse, avait finalement échoué, faute de consensus sur les conditions financières et de soutien politique durable. Ce revers reste dans les mémoires et nourrit une certaine prudence chez les observateurs.
Cette fois, Bangkok insiste sur la solidité de son plan. Le gouvernement met en avant la complémentarité entre les compétences françaises — aéronautique, défense, technologies avancées — et les besoins de l’EEC, censé devenir une base industrielle du futur. Les autorités soulignent également la disponibilité d’une main‑d’œuvre qualifiée, ce qui reste à prouver, et la possibilité de renforcer les chaînes logistiques grâce aux ports, aux réseaux ferroviaires et aux zones industrielles déjà en place.
Pour Anutin, l’objectif est clair : convaincre que la Thaïlande est prête à accueillir de nouveaux investissements et à se positionner comme hub aérien de l’ASEAN. Mais le souvenir du projet avorté avec Airbus et Thai Airways rappelle que la réussite dépendra autant de la volonté politique que de la capacité à tenir les promesses en matière d’infrastructures et de gouvernance.
Si les discussions actuelles aboutissent, U‑Tapao pourrait enfin devenir le moteur d’une industrie aéronautique régionale, offrant à la Thaïlande une place centrale dans le ciel asiatique. Mais pour l’instant, les investisseurs français observent avec intérêt, tout en gardant en tête les leçons du passé.



