
Le corridor économique de l’Est (EEC) veut se réinventer. L’Office de l’EEC (EECO) a présenté le 12 octobre son futur plan 2028‑2032, axé sur l’électricité, l’eau et les infrastructures pour attirer les data centres et les industries de haute technologie. Mais au‑delà des grandes orientations, une seule obligation réglementaire est déjà actée : la réutilisation de 25 % des eaux usées traitées par les entreprises installées dans les zones EEC.
Un plan surtout stratégique
Le secrétaire général de l’EECO, Chula Sukmanop, a reconnu que le plan actuel n’avait atteint que la moitié de ses objectifs. Le nouveau cycle doit donc accélérer la modernisation des réseaux et renforcer les services publics. Les priorités affichées : calculer les besoins en énergie et en eau jusqu’en 2037, préparer des schémas d’aménagement du territoire et ouvrir davantage les projets aux partenariats public‑privé.
Les mégaprojets déjà lancés
Depuis 2018, l’EEC s’appuie sur quatre grands chantiers : les ports de Laem Chabang et Map Ta Phut, l’aéroport U‑Tapao et la ligne ferroviaire à grande vitesse reliant trois aéroports. Ces infrastructures doivent soutenir la logistique et attirer les investisseurs.
Ces quatre mégaprojets, censés incarner la modernité du corridor, restent pour l’heure inachevés, voire fragilisés. La ligne à grande vitesse reliant les trois aéroports n’a jamais vu ses travaux débuter, et son avenir demeure incertain. Les considérer comme acquis reviendrait à donner une image trompeuse d’une zone économique présentée comme vitrine du futur numérique, mais dont les fondations restent encore largement théoriques.
Pression énergétique et hydrique
Les data centres, moteurs de la transition numérique, exigent des volumes massifs d’électricité. Chula a averti que si la Thaïlande ne pouvait fournir assez de capacité, les investisseurs pourraient se tourner vers d’autres pays. Côté eau, la seule mesure concrète est donc l’obligation de recycler un quart des volumes consommés.
Une feuille de route encore floue
Pour le reste, l’EECO parle surtout de plans et projections : suivi des besoins, cartographie des zones, ouverture aux capitaux privés. Les annonces restent générales, sans calendrier ni obligations précises.
En résumé, l’EEC affiche une ambition claire de devenir un hub numérique régional, mais, pour l’instant, les réunions se multiplient sans réelle décision concrète alors que le temps passe.



