
Bangkok, août 2026 — La Thaïlande est endeuillée après la fusillade la plus meurtrière dans une école depuis des années. Vendredi matin, un collégien de 14 ans a abattu ses grands‑parents avant de se rendre à l’école Debsirin Nonthaburi, dans la proche banlieue de Bangkok, où il a ouvert le feu sur enseignants et élèves. L’attaque a fait plusieurs morts et plus de vingt blessés, plongeant le pays dans la stupeur.
Le bilan fait état de huit ou neuf morts. En effet, une jeune élève de 12 ans, annoncée décédée par certains médias, serait, en réalité, dans le coma.
Kittiphong — directeur adjoint chargé de la discipline —
Saifon — secrétaire du bureau —
Thiwaphon — conseillère d’orientation —
Nanchanatphon / « Khanoon » — professeur de thaï — 31 ans
Praphaphon — professeur de mathématiques —
ont été abattus à l’école.
Le grand-père et la grand-mère du tireur, avec lesquels il vivait, ont été abattus chez eux.
Phatcha, le tireur de 14 ans, s’est suicidé.
Un adolescent discret, mais armé
Le tireur, décrit par ses proches comme calme et poli, vivait avec ses grands‑parents depuis la séparation de ses parents. Peu sociable, il passait la plupart de son temps sur des jeux vidéo. Vendredi matin, il a tué son grand‑père, ancien directeur de banque, et sa grand‑mère, institutrice, avant de se rendre à l’école avec un pistolet 9 mm enregistré au nom du grand‑père et près de cent munitions.
Les enquêteurs ont découvert sur son ordinateur des recherches liées à des fusillades scolaires aux États‑Unis. Ils examinent également ses activités numériques pour comprendre les motivations d’un passage à l’acte qui semble avoir été planifié.
Les parents, divorcés, du collégien ont été entendus séparément par la police. Le père, en larmes, a présenté ses excuses à la société, tandis que la mère, très éprouvée, a refusé de s’exprimer devant les journalistes.
Des enseignants en première ligne
À l’école, les professeurs ont tenté de protéger les élèves en barricadant les salles de classe. Plusieurs ont été tués en s’interposant. Parmi eux, Tiwaporn Wanich, conseillère récemment distinguée comme « enseignante exemplaire », et Kittipong Somrat, adjoint au directeur, salué pour son courage. D’autres enseignants, dont une professeure de mathématiques et une enseignante de thaï, figurent également parmi les victimes.
Les témoignages des proches soulignent la brutalité du drame. Le compagnon d’une professeure tuée a raconté leurs derniers instants au téléphone, ignorant qu’il s’agissait d’un adieu définitif.
Survivants traumatisés
Les élèves rescapés décrivent des scènes de panique : portes barricadées avec des bureaux, lumières éteintes, silence imposé pour échapper aux tirs. Si certains ont échappé aux balles, beaucoup restent marqués psychologiquement. Le ministère de la Santé a déployé des équipes spécialisées pour accompagner les familles et les survivants.
Réactions politiques et sécuritaires
Le Premier ministre et ministre de l’Intérieur Anutin Charnvirakul s’est rendu sur place et a promis un durcissement des lois sur les armes. Il a ordonné aux autorités locales de sévir contre toute personne portant une arme en public, y compris les fonctionnaires hors service. Il a insisté sur la nécessité de placer la sécurité publique au‑dessus des intérêts commerciaux liés au marché des armes.
Le ministère de l’Éducation a lancé un audit national des mesures de sécurité dans les établissements scolaires. Les inspections de sacs devraient être renforcées, sans aller jusqu’à des dispositifs lourds, comme les portiques ou les détecteurs systématiques.
Soutien financier aux victimes
Le gouvernement a reconnu la fusillade comme un « désastre public » et a débloqué le Fonds d’assistance aux victimes. Les familles des personnes tuées recevront 1 million de bahts, les blessés entre 100 000 et 700 000 bahts selon la gravité. Des aides supplémentaires pour les funérailles et le soutien aux familles sont prévues.
Une société en question
Au‑delà du choc immédiat, l’affaire relance le débat sur la violence des jeunes, l’accès aux armes et la santé mentale. Les statistiques montrent une hausse des délits commis par des mineurs, souvent liés à des contextes familiaux fragiles. Les autorités redoutent aussi l’effet d’imitation que peut provoquer la médiatisation de telles attaques.
Une tragédie nationale
Cette fusillade survient après d’autres drames récents : le massacre de Nong Bua Lamphu en 2022 et la fusillade du centre commercial Siam Paragon en 2023. Elle confirme la vulnérabilité des lieux publics face aux armes à feu dans un pays où la possession civile reste la deuxième plus élevée dans l’ASEAN.
La Thaïlande s’interroge désormais sur sa capacité à protéger ses écoles et ses enfants. Les hommages aux enseignants morts en protégeant leurs élèves rappellent que, dans la tragédie, certains ont incarné le courage jusqu’au bout.
Certains estiment que les démonstrations organisées par l’armée lors de la Journée des enfants en janvier — où des bambins manipulent de véritables armes, certes non chargées — contribuent à les familiariser avec les pistolets mitrailleurs et autres armes de guerre.



