Les bagages de l'Omanais
La mère de Tommy Boulanger, jeune footballeur thaï‑suédois de 15 ans décédé dans un accident de moto à Pattaya en février, dénonce l’inaction des autorités : sept mois après le drame, le mandat d’arrêt visant le conducteur chinois du pick‑up impliqué n’a toujours pas été exécuté. Malgré plus de 1,2 million de bahts dépensés en soins et démarches, la famille se heurte à des blocages administratifs et réclame que justice soit enfin rendue. Accompagnée de son mari et d’un collectif citoyen, elle a saisi la police provinciale de Chonburi pour exiger des avancées concrètes. Les officiers promettent de transmettre le dossier au chef provincial afin d’accélérer la procédure. Mais pour les proches, l’attente interminable illustre une faille inquiétante dans la capacité du système judiciaire.
Le 18 septembre, l’Australien Simon Peter Carman, accusé d’avoir tué une adolescente thaïlandaise de 17 ans et dissimulé son corps dans une valise à Pattaya, a comparu devant le tribunal provincial. Lors de l’audience, il a plaidé non coupable, affirmant avoir agi en légitime défense et s’être trompé sur l’âge de la victime. Le procureur l’a inculpé pour meurtre intentionnel, dissimulation de cadavre et enlèvement à des fins sexuelles. Carman a demandé une libération provisoire, mais le parquet s’y est opposé, rappelant qu’il avait été arrêté alors qu’il tentait de quitter le pays. Le tribunal a rejeté sa demande de liberté sous caution et ordonné son maintien en détention, en attendant une nouvelle audience fixée au 12 octobre.
Le 9 septembre, les services d’immigration de Phuket ont arrêté un Américain de 48 ans, identifié sous le prénom de Brad, recherché au Texas pour une affaire de violences domestiques impliquant une strangulation. L’homme a été localisé à Talat Nuea, devant la résidence où il séjournait, après des informations transmises par l’ambassade des États‑Unis. Un mandat d’arrêt avait été émis par un tribunal texan en mai 2022, et son passeport américain avait été révoqué. Les autorités thaïlandaises ont annulé son titre de séjour et l’ont transféré à l’unité d’enquête de Phuket. Brad a été informé de ses droits, tandis que les procédures judiciaires se poursuivent pour déterminer les suites à donner à son cas.
Un touriste marocain de 24 ans, disparu le 14 septembre après une baignade sur la plage de Karon à Phuket, a été retrouvé mort deux jours plus tard sur la plage voisine de Kata Noi. Parti nager avec son ami Mohamed Bourhim, 22 ans, les deux jeunes hommes ont été emportés par les vagues vers 18 heures. Un sauveteur a réussi à secourir Bourhim, mais son compagnon a disparu, déclenchant une vaste opération de recherche. Le corps a finalement été découvert tôt le matin du 16 septembre, à 1,5 km au sud du lieu de l’accident. La police a confirmé qu’il s’agissait bien d’un ressortissant marocain, en attendant l’identification officielle par la famille et les démarches légales nécessaires.
Le 8 septembre, un passager omanais a été arrêté à l’aéroport international de Suvarnabhumi pour tentative de contrebande d’animaux vivants vers Mascate. Les douaniers, assistés par le poste de contrôle de la faune et d’autres agences, ont découvert 22 animaux dissimulés dans ses bagages enregistrés. Parmi eux figuraient des varans, un python royal, des dragons barbus, des geckos léopards, des suricates et des sugar gliders, pour une valeur estimée à plus de 60 000 bahts. L’affaire relève de plusieurs lois thaïlandaises sur la faune, les épidémies animales et les douanes. Les autorités préviennent que ce type de trafic renforce le rôle de la Thaïlande comme point de transit dans les réseaux internationaux de contrebande et annoncent un renforcement des contrôles sur les passagers et les bagages.
Selon les chiffres du Foreign Office, plus de 200 Britanniques sont actuellement détenus à l’étranger pour des affaires de trafic de cannabis en provenance de Thaïlande. Les cas consulaires liés à la contrebande ont quadruplé entre 2023 et 2025, passant de 80 à plus de 340, avec déjà 160 nouveaux dossiers en 2026. La majorité des arrestations se concentrent en Asie du Sud‑Est, notamment en Thaïlande, Malaisie, Cambodge et Laos, et concernent surtout des jeunes de 16 à 30 ans. Les recruteurs, souvent via les réseaux sociaux, promettent voyages gratuits et argent facile, mais les valises contiennent en réalité du cannabis. Les peines encourues sont lourdes : décennies de prison, perpétuité, coups de fouet, voire la peine de mort dans certains pays.



