
Bangkok, 25 août – Le Département des prisons thaïlandais envisage de durcir les règles de réduction de peine pour les détenus condamnés pour les crimes les plus graves. Une proposition discutée lundi prévoit que les prisonniers sous le coup d’une condamnation à mort devraient purger au moins 25 ans avant de pouvoir bénéficier d’une amélioration de statut carcéral, tandis que les condamnés à perpétuité devraient attendre 20 ans.
Un projet encore à l’étude
Réuni en groupe de travail, le Département des prisons cherche à renforcer le cadre juridique encadrant les remises de peine et les privilèges accordés aux détenus. L’objectif est d’éviter les abus et de mieux contrôler les cas de récidive. Le directeur général, le général de police Prawut Wongsinil, a précisé que ces critères n’étaient pour l’instant qu’à l’état de projet et qu’aucune décision définitive n’avait été prise.
Les nouvelles règles envisagées
Selon les critères préliminaires, les condamnés à mort devraient rester incarcérés au moins 25 ans après la confirmation de leur jugement avant de pouvoir prétendre à un « reclassement » ordinaire ou spécial. Pour les peines de réclusion à perpétuité, le seuil serait fixé à 20 ans. Un rapport interne présenté lors de la réunion recommande d’instaurer des durées minimales d’emprisonnement effectif pour les détenus les plus lourdement condamnés.
La Thaïlande compte actuellement environ 480 détenus condamnés à mort, selon les statistiques officielles de juin 2026. Parmi eux, 439 attendent encore l’issue de leur appel, 13 sont en cassation et 28 ont vu leur condamnation confirmée définitivement
Un signal de fermeté
Ces propositions visent à envoyer un message clair : les crimes les plus graves ne doivent pas donner lieu à des réductions de peine trop rapides. Elles s’inscrivent dans une volonté de restaurer la confiance du public dans le système judiciaire et de montrer que les condamnations lourdes sont réellement appliquées. Le Département des prisons insiste toutefois sur le caractère provisoire des discussions, rappelant que le texte n’a pas encore été validé par le ministère de la Justice.
Un débat sensible
La Thaïlande pratique encore la peine de mort, même si les exécutions sont devenues extrêmement rares et que la plupart des condamnations sont commuées en prison à vie. Dans ce contexte, fixer un seuil de 25 ans pour les condamnés à mort et de 20 ans pour les peines de perpétuité apparaît comme une tentative de trouver un équilibre entre sévérité et pragmatisme.
Le débat survient après la libération de Lao Ta Saenlee, 85 ans, ancien trafiquant de drogue, qui n’avait purgé qu’une dizaine d’années. La réforme proposée signifierait qu’un condamné à mort âgé ne retrouverait jamais la liberté.



