
Le gouvernement thaïlandais envisage d’instaurer une “taxe de sortie” pour ses ressortissants voyageant à l’étranger. L’idée, portée par le ministre du Tourisme et des Sports, Surasak Phancharoenworakul, est simple : prélever une contribution sur chaque départ afin de financer des programmes de promotion du tourisme domestique.
Selon le ministre, une taxe de 1 000 bahts par voyageur pourrait rapporter environ 10 milliards de bahts par an, sur la base de 10 millions de sorties annuelles. Ces fonds serviraient à subventionner les déplacements internes, par exemple via une aide – subvention – allocation de 1 000 bahts par voyage pour les Thaïlandais qui choisissent de visiter leur propre pays. Ainsi, ceux qui sortent paient pour ceux qui restent. L’objectif affiché est de renforcer la durabilité du secteur sans dépendre des budgets annuels, et de permettre une planification plus claire à long terme.
Le ministère prépare déjà des mesures de relance à court terme pour compenser le ralentissement du tourisme international, lié aux tensions géopolitiques, notamment au Moyen‑Orient. Parmi les pistes : relancer des programmes qui ont déjà fait leurs preuves, comme “We Travel Together”, un système de co‑paiement pour les séjours de Thaïlandais en Thaïlande, ou encore des incitations fiscales et des promotions pour les voyages en bus et vers les villes secondaires.
Parallèlement, la Thaïlande s’apprête à revoir sa politique de visas. Le ministère du Tourisme propose de mettre fin au régime de 60 jours d’exemption de visa accordé à 93 pays depuis 2024, et de revenir à la liste initiale de 57 pays et territoires (dont France, Suisse, Belgique, Canada, mais pas Maroc). Les nouvelles exemptions seraient examinées au cas par cas, en fonction du comportement des voyageurs. Les Français ont mauvaise réputation en Thaïlande en raison des frasques de ses jeunes ressortissants à Phuket.
Cette révision vise à renforcer le contrôle migratoire et à répondre aux inquiétudes liées aux séjours prolongés de certains étrangers qui utiliseraient les privilèges touristiques à d’autres fins. Le ministre Surasak insiste : il ne s’agit plus de viser le volume, mais la qualité du tourisme, avec un accent sur la sécurité, la confiance et la durabilité. Cette stratégie annoncée depuis plus de dix ans n’a jamais fonctionné.
Le projet, coordonné avec le ministère des Affaires étrangères, devrait être soumis prochainement au Cabinet. Les autorités rappellent que la majorité des touristes étrangers séjournent moins de 30 jours, et que ceux qui souhaitent rester plus longtemps disposent déjà de catégories de visas adaptées (affaires, études, résidence longue durée).
Ces deux annonces — taxe de sortie pour les Thaïlandais et restriction des exemptions de visa pour les étrangers — traduisent une volonté de restructurer le modèle touristique. D’un côté, encourager les habitants à voyager dans leur propre pays pour soutenir l’économie locale. De l’autre, cibler un tourisme étranger plus “haut de gamme”, moins centré sur la quantité que sur la valeur ajoutée.
Mais les projets suscitent déjà des débats. La taxe de sortie pourrait être perçue comme une pénalisation des voyageurs thaïlandais, tandis que la réduction des exemptions de visa risque de freiner certains flux touristiques. Les autorités assurent toutefois que ces mesures sont nécessaires pour garantir une croissance durable et mieux maîtriser les risques liés aux séjours prolongés.
La Thaïlande, qui dépend fortement du tourisme, cherche ainsi à trouver un équilibre entre stimulation de la demande intérieure et sélectivité accrue vis‑à‑vis des visiteurs étrangers. Une stratégie qui reflète les défis actuels : ralentissement mondial, tensions géopolitiques et nécessité de bâtir un secteur plus résilient.
On apprend, mardi soir que, en catastrophe, le gouvernement a décidé de rétropédaler. Il ne mettra pas en place sa taxe de départ de 1000 bahts pour ses ressortissants tout de suite.



