
La Thaïlande durcit le ton face aux réseaux criminels transnationaux. Selon le Bureau de l’immigration, 29 490 étrangers ont été refoulés entre janvier et mai 2026, dans le cadre de la stratégie dite des « Trois Non » : no entry, no stay, no escape.
Le 4 juin, le porte‑parole Pol Maj Gen Cherngron Rimphadee a précisé que cette campagne répondait à une directive du chef de la police nationale, Pol Gen Kitrat Phanphet, visant à protéger la sécurité, l’économie et la société thaïlandaises.
Refus d’entrée
La première mesure, « No Entry », cible les individus jugés indésirables. Grâce au système APPS, les autorités bloquent les passagers inscrits sur une liste noire de 169 506 noms, comprenant anciens détenus et personnes signalées par Interpol. Les voyageurs suspectés de vouloir travailler illégalement ou liés à des escroqueries ont également été refoulés aux frontières. Les critères sont parfois mal compris par les personnes qui se voient refuser l’entrée dans le royaume.
Contrôle des séjours
La deuxième mesure, « No Stay », vise ceux qui détournent leur visa. Entre janvier et mai, 668 personnes ont vu leur autorisation annulée et ont été expulsées, notamment des titulaires de visas étudiants ne suivant pas réellement de cursus. Parallèlement, des opérations de contrôle ont conduit à 14 161 arrestations de ressortissants étrangers pour diverses infractions.
Traque et coopération
Enfin, « No Escape » repose sur le renseignement et la coopération avec les polices locales. 190 cibles ont été identifiées dans des zones touristiques sensibles : 147 à Chonburi, 22 à Surat Thani, 10 à Phuket… Les perquisitions ont déjà permis 31 arrestations, les enquêtes se poursuivent pour les autres.
Une politique assumée
Le commissaire Pol Lt Gen Phanumas Boonyalak insiste : cette stratégie nationale vise à empêcher les délinquants étrangers de s’installer ou d’échapper aux poursuites. Les autorités affirment que les contrôles resteront renforcés dans les mois à venir, avec une surveillance accrue des communautés jugées « à risque ».
Cette campagne illustre la volonté de Bangkok de montrer sa fermeté face aux menaces transnationales. Mais elle suscite aussi des débats : certains observateurs craignent que le durcissement des contrôles ne pénalise des voyageurs légitimes, dans un pays où le tourisme reste un pilier économique.



