
Près d’un an après les affrontements frontaliers qui ont opposé la Thaïlande et le Cambodge en 2025, l’Union européenne entend contribuer au retour à la normale. Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a annoncé une enveloppe de 3 millions d’euros destinée à financer des opérations de déminage humanitaire ainsi que des initiatives visant à rétablir la confiance entre les deux pays.
Cette aide intervient alors que plusieurs zones situées le long de la frontière restent contaminées par des munitions non explosées et d’autres résidus de guerre. Selon Bruxelles, l’objectif est double : sécuriser les territoires affectés et favoriser une coopération durable entre Bangkok et Phnom Penh.
Priorité au déminage au Cambodge
La plus grande partie du financement, soit jusqu’à 1,6 million d’euros, sera consacrée au Cambodge. Les opérations se concentreront principalement dans les provinces frontalières de Preah Vihear et d’Oddar Meanchey, particulièrement touchées par la présence de bombes à sous-munitions et d’engins explosifs non explosés.
Le projet sera mis en œuvre par le Centre d’action contre les mines du Cambodge (CMAC) en partenariat avec l’organisation internationale APOPO, connue notamment pour l’utilisation de rats détecteurs d’explosifs. Un protocole d’accord a déjà été signé entre les deux organisations.
Les opérations comprendront des relevés de terrain, l’identification des zones contaminées et l’élimination des engins explosifs. Selon les estimations de l’Union européenne, près de 5,7 millions de mètres carrés pourraient être rendus à un usage civil, permettant notamment à des familles déplacées de regagner leurs terres en toute sécurité.
Un soutien également accordé à la Thaïlande
Une partie de l’enveloppe sera également consacrée à la Thaïlande. L’Union européenne travaillera avec le Centre international de déminage humanitaire de Genève (GICHD) afin de renforcer les capacités du Thailand Mine Action Center (TMAC).
Cette coopération prévoit des formations spécialisées pour les équipes thaïlandaises ainsi que la fourniture d’équipements destinés à sécuriser les opérations de déminage et à mieux protéger les populations civiles vivant à proximité des anciennes zones de conflit.
L’objectif affiché est de renforcer les capacités nationales de détection et de libération des terrains contaminés, une étape indispensable pour permettre la reprise des activités agricoles et économiques dans les zones concernées.
Le déminage comme outil diplomatique
Au-delà de l’aspect humanitaire, Bruxelles souhaite utiliser ce programme comme un instrument de rapprochement entre les deux voisins. Des initiatives de dialogue réunissant des représentants des deux pays sont prévues afin de consolider le cessez-le-feu conclu fin 2025 et de réduire les tensions persistantes.
L’Union européenne se présente ainsi comme un partenaire neutre, capable d’accompagner à la fois la reconstruction des zones affectées et le rétablissement de la confiance entre Bangkok et Phnom Penh.
Pour les habitants des régions frontalières, l’enjeu est concret : retrouver des terres sûres, reprendre une vie normale et tourner progressivement la page d’un conflit dont les traces demeurent encore enfouies sous le sol.



