
Bangkok, août 2026 – Le gouvernement thaïlandais a approuvé la création d’un comité national chargé de superviser l’expansion rapide des data centers. Objectif : garantir que les investissements profitent à l’économie sans mettre en péril les ressources énergétiques, hydriques et environnementales du pays.
La décision intervient alors que les inquiétudes grandissent sur la capacité du réseau électrique à absorber la demande croissante de ces infrastructures très énergivores. Les autorités s’interrogent aussi sur la consommation d’eau des systèmes de refroidissement et sur l’équilibre entre bénéfices économiques et coûts environnementaux.
Un secteur en plein boom
Les data centers, essentiels pour l’intelligence artificielle et les services numériques, se multiplient dans le royaume, notamment dans le corridor économique de l’Est (EEC). Mais leur développement soulève des défis : certains investisseurs ont signé plusieurs accords de réservation d’eau avec différentes agences, gonflant artificiellement les chiffres de la demande et compliquant la planification des ressources.
Jusqu’ici, le secteur n’était pas considéré comme une activité spécifiquement réglementée. Les autorisations passaient par divers canaux – Commission nationale de radiodiffusion et des télécommunications (NBTC), Bureau des investissements (BOI) ou accords directs avec les autorités de l’eau – créant un système fragmenté.
Vers une régulation centralisée
Le nouveau Data Center Policy Committee aura pour mission d’élaborer des politiques et des standards nationaux. Il évaluera l’impact des projets sur la sécurité énergétique, la consommation d’électricité et d’eau, l’utilisation des terres, la protection de l’environnement, la sécurité publique et la cybersécurité nationale. Le comité devra aussi promouvoir l’énergie propre et l’efficacité des ressources, en cohérence avec les objectifs de neutralité carbone de la Thaïlande.
La porte‑parole du gouvernement, Rachada Dhnadirek, a souligné que ce cadre permettra de s’assurer que les investissements apportent des bénéfices tangibles sans compromettre la sécurité énergétique ni la durabilité.
Trois catégories de projets
La réglementation à venir distinguera trois groupes :
- Opérateurs existants, soumis à des audits sur l’usage de l’eau, la gestion thermique et le bruit.
- Projets en construction, qui devront intégrer des exigences supplémentaires pour limiter les impacts.
- Nouveaux candidats, soumis à des règles complètes, notamment sur l’équilibre des réserves d’eau avec les besoins agricoles et domestiques.
Zoning et nouvelles pistes énergétiques
Le gouvernement envisage aussi de diversifier les implantations, en réduisant la concentration dans l’EEC. Une zone près de la mine de Mae Moh, dans la province de Lampang, est étudiée : elle dispose de grands réservoirs et pourrait limiter la concurrence avec les usages domestiques.
À plus long terme, Bangkok explore l’option des petits réacteurs nucléaires modulaires, capables de fournir une électricité bas carbone en continu pour répondre aux besoins des data centers hyperscale.
Les data centers hyperscale désignent des centres de données de très grande taille, conçus pour héberger des dizaines de milliers de serveurs. Ils sont généralement exploités par des géants du numérique (Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud, Meta, etc.) et servent de colonne vertébrale aux services cloud, à l’intelligence artificielle et au streaming mondial.



