
Le chef du commissariat de Khlong Luang, dans la province de Pathum Thani, a été brusquement transféré vers un poste « inactif » après la diffusion d’un enregistrement audio l’accusant d’avoir réclamé des pots-de-vin à un gérant de bar. L’affaire, révélée par une émission télévisée, secoue la hiérarchie policière et relance le débat sur la corruption dans les forces de l’ordre.
Selon le porte-parole de la police royale thaïlandaise, le général Trairong Phiwphan, une enquête interne a été immédiatement ouverte. Les premiers éléments laissent penser que la voix entendue sur l’enregistrement correspond bien à celle du colonel Athimet Chaisaranyawit, alors surintendant du commissariat de Khlong Luang.
Le gérant de l’établissement affirme que les policiers exigeaient un paiement mensuel de 51 000 bahts pour autoriser l’ouverture du bar jusqu’à 2 heures du matin, au‑delà des horaires légaux. Il ajoute qu’une somme supplémentaire de 100 000 bahts aurait été réclamée lors de concerts organisés début mai, prétendument destinée à d’autres services et hauts gradés. Après son refus, le bar aurait subi des inspections répétées, entraînant une fermeture temporaire.
La vidéo de cinq minutes, remise aux enquêteurs par un journaliste de PPTV HD 36, est désormais au cœur de l’affaire. Face à la polémique, le commandant de la police provinciale de Pathum Thani, le général Peerapol Chotikasathien, a signé l’ordre de mutation du colonel Athimet vers le centre opérationnel provincial, le temps de l’enquête.
« Si l’investigation confirme des faits de corruption ou toute autre faute, des sanctions disciplinaires et pénales seront prises sans exception, quel que soit le grade ou la fonction », a insisté le porte-parole Trairong.
La police royale promet une procédure « transparente et impartiale » afin de préserver la confiance du public. Mais pour de nombreux habitants, cette affaire illustre une pratique trop répandue : la pression exercée sur les commerces de nuit pour obtenir des paiements informels.
Avec ce transfert, les autorités cherchent à montrer qu’elles prennent l’affaire au sérieux. Reste à savoir si l’enquête débouchera sur des poursuites effectives, dans un pays où la lutte contre la corruption demeure un défi majeur. Les officiers mutés momentanément reviennent parfois à leur poste quand la pression médiatique s’estompe.



