
Le vice‑Premier ministre et ministre des Transports, Phiphat Ratchakitprakarn, a assuré mardi que l’Airport Rail Link (ARL) continuerait de fonctionner à partir du 1er octobre, malgré la fin du contrat avec l’opérateur privé Asia Era One, filiale du groupe CP. L’État, via la State Railway of Thailand (SRT), est prêt à assumer des coûts supplémentaires pour éviter toute interruption de service.
Une extension temporaire en négociation
Le ministère des Transports a demandé à la SRT de négocier une prolongation de deux à quatre mois avec l’opérateur actuel, afin de préparer la reprise en main. À terme, une filiale de la SRT devrait assurer l’exploitation, en intégrant du personnel expérimenté de l’opérateur sortant pour garantir une transition fluide.
Flotte réduite à quatre trains
La ligne fait face à une pénurie de matériel roulant : des inspections ont révélé des roues usées, ne laissant que quatre trains disponibles sur les neuf nécessaires. La SRT espère remettre en service cinq à six trains d’ici le 14 septembre, après maintenance et contrôles de sécurité.
Pertes financières et pistes de compensation
La reprise par la SRT devrait entraîner des pertes estimées à 30 millions de bahts par mois, soit 360 millions par an. Pour compenser, l’entreprise envisage de transformer des espaces vacants dans les stations en zones commerciales, en louant des surfaces à des enseignes privées. Les conditions financières d’une éventuelle prolongation temporaire avec Asia Era One ne sont pas encore fixées.
Perturbations et critiques des usagers
Depuis le 7 septembre, les trains circulent toutes les 15 minutes au lieu de neuf, provoquant la colère des passagers. Des bus gratuits ont été déployés par la Bangkok Mass Transit Authority, ainsi que des trains diesel supplémentaires qui empruntent les voies ferrées classiques au sol, parallèles ou proches du tracé de l’ARL. Les usagers dénoncent le manque d’explications et de préavis. Certains s’interrogent sur un lien avec la fin du contrat, même si aucune preuve ne l’établit.
Les incidents se multiplient : le 22 juillet, un train a déraillé lors de son retour au dépôt, réduisant le service à une seule rame. Une semaine plus tard, une panne d’alimentation a paralysé la ligne pendant plus de 16 heures. Ces dysfonctionnements nourrissent l’inquiétude des voyageurs, notamment ceux qui dépendent de l’ARL pour rejoindre l’aéroport de Suvarnabhumi ou, tout simplement, leur lieu de travail.
Un avenir encore incertain
Asia Era One souhaite se retirer non seulement de l’ARL mais aussi du projet de train à grande vitesse reliant Don Mueang, Suvarnabhumi et U‑Tapao. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a rappelé qu’un opérateur privé ne peut pas se désengager sans respecter les termes contractuels et la loi.
La SRT discute d’une extension de quatre mois avec Asia Era One, mais prépare aussi l’option d’une reprise directe par sa filiale exploitant la ligne rouge de Bangkok. La décision finale devrait intervenir dans les prochaines semaines, avec un objectif clair : assurer la continuité du service pour les passagers.
L’abandon brutal d’une liaison ferroviaire desservant un aéroport majeur comme Suvarnabhumi constituerait un sérieux revers pour la Thaïlande. Et même sans arrêt total, une desserte irrégulière, incapable de garantir aux voyageurs la fiabilité nécessaire pour rejoindre leur vol, représenterait déjà une humiliation pour le royaume.



