
La municipalité de Bangkok a lancé fin août une campagne multi‑agences pour prendre en charge les personnes sans domicile. Mais si certains ont accepté d’entrer dans le système, une majorité continue de décliner l’assistance proposée.
Un premier bilan mitigé
En une semaine, 96 personnes ont été recensées : 70 hommes et 26 femmes. On ne parle pas d’enfants dans la rue. Parmi elles, 49 étaient sans‑abri, 36 âgées, six en situation de handicap et cinq souffrant de troubles mentaux. Au total, 37 individus ont accepté l’aide, tandis que 59 l’ont refusée, selon le vice‑gouverneur Sanon Wangsrangboon.
Examens et orientations
Parmi les personnes prises en charge, 56 ont bénéficié d’examens médicaux, deux ont été orientées vers des soins spécialisés et 16 ont reçu une évaluation psychologique. 30 personnes ont été envoyées au centre Baan Imjai, qui dispose de 200 lits, et sept autres vers des structures du ministère des Affaires sociales. Trois ont pu regagner leur province d’origine. Les autorités ont également coordonné le cas d’un ressortissant lao.
Dialogue et confiance
Face aux refus, la municipalité insiste sur la nécessité de dialoguer et de bâtir la confiance. Les équipes poursuivront les contacts au cas par cas, afin de convaincre progressivement les personnes réticentes.
Une surveillance renforcée
La deuxième phase prévoit le déploiement de patrouilles 24h/24 dans cinq zones sensibles autour de l’île de Rattanakosin : Ratchadamnoen Road, l’hôtel Rattanakosin, Trok Sake, Boonsiri Road et les abords de la Cour suprême. Objectif : repérer rapidement les populations vulnérables et leur proposer un accompagnement.
Vers une réinsertion professionnelle
La ville collabore avec le Département de l’emploi et plusieurs fondations pour offrir des emplois adaptés aux résidents du centre Baan Imjai : ménage, bureaux, construction. En avril dernier, plus de 70 personnes avaient déjà retrouvé un travail grâce à ce dispositif.
Un défi persistant
Cette campagne illustre la difficulté de gérer l’itinérance dans une métropole de plus de dix millions d’habitants. Si les structures existent, beaucoup de sans‑abri restent méfiants vis‑à‑vis des institutions. La municipalité espère que la combinaison de soins, d’hébergement et d’opportunités professionnelles finira par convaincre davantage de personnes d’accepter l’aide.
À Bangkok, on compte actuellement environ 1 274 sans‑abri, soit près de la moitié de la population sans domicile recensée dans toute la Thaïlande.
Dans le Grand Paris, environ 3 857 personnes étaient sans solution d’hébergement lors de la dernière “Nuit de la Solidarité” en mars 2026. Selon l’UNICEF 2300 enfants y dorment dans la rue.



