
Un premier accident peut passer pour un coup du sort. Mais deux cas en quelques mois, dans deux villes différentes, commencent à poser problème. En Thaïlande, deux touristes chinois ont été mordus par des lionceaux dans des cafés animaliers : l’un à Chiang Mai fin août, l’autre à Phuket, dans le district de Chalong, lors du Nouvel An chinois.
Le dernier incident s’est produit le 28 août au Lion World Café de Chiang Mai. Un visiteur chinois a soulevé un lionceau et approché son visage trop près de l’animal, malgré les consignes interdisant tout contact direct. Le lionceau a réagi en le mordant au visage, laissant deux marques de crocs. Le personnel a séparé l’animal, prodigué les premiers soins et conduit le touriste à l’hôpital, où il a reçu vaccins antirabiques et antitétaniques. Le café affirme avoir remboursé le forfait et pris en charge une partie des frais médicaux, mais les médias chinois ont parlé de « compensation », ce que la direction conteste.
Quelques mois plus tôt, à Phuket, un autre café animalier avait déjà été inspecté après qu’un touriste chinois eut été mordu par un lionceau. L’incident, jugé mineur, avait été réglé sur place avec des soins immédiats. Mais la répétition des cas, tous concernant des lionceaux et des visiteurs chinois, change la donne.
Les autorités thaïlandaises ont réagi en imposant des règles plus strictes : interdiction désormais de soulever ou de câliner les lionceaux. Les établissements concernés assurent avoir renforcé leurs consignes pour protéger visiteurs et animaux.
Reste que l’image du pays pourrait souffrir. La Thaïlande mise beaucoup sur les touristes chinois, et les incidents impliquant des animaux exotiques sont particulièrement sensibles. Comme les victimes sont toutes chinoises, le sujet risque de prendre de l’ampleur sur les réseaux sociaux chinois, où les affaires touchant leurs compatriotes à l’étranger suscitent souvent une forte réaction.
Pour la Thaïlande, il y a urgence à montrer que la sécurité des visiteurs est une priorité, sous peine de voir son image ternie auprès d’un marché touristique essentiel.
Enfin, il est légitime de s’interroger sur la raison d’être d’un café animalier qui choisit d’exposer des lionceaux. L’idée peut sembler séduisante pour attirer les touristes en quête d’expériences insolites, mais elle soulève de sérieuses questions. D’un côté, ces établissements misent sur l’effet « mignon » et la curiosité des visiteurs, qui veulent approcher de près des animaux rares. De l’autre, la présence de jeunes fauves dans un environnement de loisirs interroge sur le bien‑être animal, la sécurité des clients et la pertinence d’un tel modèle économique.



