
Les autorités thaïlandaises ont lancé une vaste opération pour reprendre le contrôle des terres protégées de Phuket et mettre fin aux pratiques illégales qui gangrènent l’île. Trois volets illustrent cette offensive : la démolition des structures illégales sur Freedom Beach, l’exécution des jugements de la Cour suprême concernant des hôtels construits dans le parc national Sirinat, et une enquête sur des établissements opérant sans licence, soupçonnés de recourir à des actionnaires « nominee » ou prête-noms.
Freedom Beach : 22 structures à raser
Le 6 juillet, le ministère des Ressources naturelles a ordonné la démolition de 22 constructions illégales sur Freedom Beach. Les avis officiels, placardés sur place, donnent jusqu’au 5 août aux occupants pour détruire eux‑mêmes les bâtiments. Faute de quoi, l’État procédera à la démolition et leur facturera les frais. Le ministre Suchart Chomkline a rappelé que l’objectif est de restituer ces terres au public et de transformer la zone en espace récréatif accessible à tous.
Sirinat National Park : la justice tranche
Quelques jours plus tard, la Cour suprême a confirmé l’illégalité d’un hôtel et d’un complexe de villas construits sur plus de 13 rai de terrain du parc national Sirinat. Les titres de propriété ont été annulés et les bâtiments doivent être démolis. Une autre affaire, impliquant 12 rai à Cherng Talay, a révélé l’usage de faux documents pour obtenir des titres fonciers. Au total, plus de 25 rai sont concernés par des procédures d’exécution. Les autorités appliquent désormais le « Phuket Model », une stratégie visant à accélérer les dossiers d’empiètement et à coordonner les services pour annuler les titres frauduleux.
Patong : hôtels sans licence et sociétés suspectes
Le 11 juillet, le vice‑ministre de l’Intérieur Polapee Suwannachawi a mené une inspection à Patong. Deux hôtels ont été découverts en activité sans licence ni permis de construire. Parallèlement, une enquête a été ouverte sur 360 entreprises soupçonnées d’utiliser des actionnaires « nominee » pour contourner la loi limitant la part des investisseurs étrangers. Les autorités affirment que ces contrôles ne ciblent pas une société en particulier mais visent à assainir l’ensemble du secteur touristique de Phuket.
Un enjeu de réputation internationale
Ces affaires révèlent l’ampleur des pratiques illégales sur l’île : constructions sur terrain protégé, hôtels sans autorisation, sociétés écrans. Pour les autorités, il s’agit non seulement de protéger l’environnement et de garantir l’équité économique, mais aussi de préserver l’image de Phuket à l’international. Un conseiller de la police a même appelé à « réinitialiser Phuket » pour éradiquer les réseaux de prête‑noms et éviter que la réputation de la Thaïlande ne soit ternie.



