
L’ambassade de Chine en Thaïlande a réagi avec fermeté après la révélation d’une affaire de séquestration impliquant des policiers thaïlandais dans la province frontalière de Sa Kaeo. Pékin demande une enquête « loyale, transparente et rapide » pour établir les responsabilités et sanctionner les auteurs.
Cinq ressortissants chinois retenus
Dimanche, cinq citoyens chinois ont été découverts dans une maison isolée de Wang Sombun, menottés et menacés par quatre sergents de police et un civil. Les suspects auraient exigé 10 000 dollars par victime, soit près de 300 000 bahts chacun. Deux d’entre eux avaient déjà versé une partie de la somme en cryptomonnaie. L’alerte a été donnée grâce à un message SOS envoyé via l’application Line à un officier de l’immigration, déclenchant une descente et la libération des otages.
Policiers inculpés et suspendus
Les quatre agents ont été inculpés pour détention illégale, extorsion et abus d’autorité. Le civil est poursuivi pour complicité. Tous ont été présentés au tribunal provincial de Sa Kaeo. Un cinquième policier, absent au moment du raid, est toujours recherché. La hiérarchie a annoncé leur suspension afin de préserver la confiance du public, une sanction que les observateurs jugent trop modeste. « Même si les personnes arrêtées sont soupçonnées d’infractions, les agents n’ont aucun droit d’exercer une autorité en dehors de la loi », a rappelé le porte‑parole de la police nationale, Pol Lt Gen Trairong Phiwphan oubliant qu’on ne leur reproche pas d’avoir « exercer une autorité » mais bien d’avoir racketté des ressortissants étrangers. À ce stade, on ne sait pas si les policiers – criminels sont encore en détention ou déjà en liberté sous caution.
Pékin hausse le ton
L’ambassade de Chine a indiqué avoir immédiatement contacté les autorités thaïlandaises pour obtenir des détails. Elle exige que l’enquête soit menée dans le respect de la loi et que les responsables soient traduits en justice. Pékin espère que Bangkok renforcera la supervision des forces de l’ordre afin de mieux protéger les droits et la sécurité de ses ressortissants.
Dans le même communiqué, l’ambassade a mis en garde les citoyens chinois vivant ou voyageant en Thaïlande : respecter strictement les lois locales, rester vigilants et contacter la police ou les consulats en cas d’urgence.
Une affaire sensible
Cette affaire survient alors que la Thaïlande tente de rassurer ses partenaires étrangers, en particulire chinois, sur la sécurité des touristes et investisseurs. Les enquêteurs cherchent à déterminer si les policiers impliqués appartenaient à un réseau plus vaste lié à des escroqueries transnationales. Les victimes auraient franchi illégalement la frontière thaïlando‑cambodgienne à plusieurs reprises, ce qui pourrait compliquer l’enquête.
Crédibilité en jeu
Pour Pékin, la transparence de l’enquête constitue un véritable test de crédibilité pour les autorités thaïlandaises, dans un contexte où la corruption policière reste endémique malgré les dénégations du gouvernement. Cette affaire menace directement l’image de la Thaïlande auprès des touristes chinois, déjà ébranlée par une série d’incidents similaires.



