
Bangkok/Phuket/Krabi – Les autorités thaïlandaises multiplient les opérations contre les sociétés de prête‑nom et les occupations illégales de terrains dans les provinces touristiques du sud. En quelques semaines, plusieurs enquêtes ont révélé des actifs suspects dépassant le milliard de bahts et conduit à l’arrestation de dizaines de Thaïlandais et d’étrangers.
Phuket et Krabi dans le viseur
Le Département du développement des affaires (DBD) a mené des inspections à Phuket et Krabi, découvrant des sociétés soupçonnées de dissimuler des investisseurs étrangers derrière des actionnaires thaïlandais. À Phuket, dix entreprises liées à des terrains estimés à plus de 231 millions de bahts ont été identifiées, tandis qu’à Krabi, neuf sociétés contrôlaient 17 parcelles d’une valeur de 209 millions. Au total, près d’un milliard de bahts d’actifs sont désormais sous enquête.
Arrestations internationales
Les opérations ont permis d’arrêter 39 suspects, dont 28 Thaïlandais et 11 étrangers. Parmi eux figuraient des ressortissants israéliens, polonais, suisses et sud‑africains. À Phuket, la police a également interpellé neuf étrangers, dont deux Français, accusés d’avoir utilisé des prête‑nom pour contourner le code foncier. Ces arrestations illustrent la dimension transnationale des infractions.
Des sociétés immobilières dans le collimateur
Un cas emblématique concerne Tropical House Co., une société immobilière liée à des investisseurs polonais. Officiellement détenue à 100 % par des Thaïlandais, elle contrôlait pourtant 16 terrains d’une valeur de 200 millions de bahts. Les enquêteurs affirment que l’entreprise était en réalité dirigée par un couple polonais, utilisant des prête‑nom pour masquer la propriété réelle.
Phangnga et les hôtels illégaux
À Phangnga, neuf sociétés ont été identifiées, détenant sept terrains estimés à 269 millions de bahts. L’opération a conduit à l’arrestation d’un Britannique. Les autorités ont notamment ciblé le Sava Beach Hotel, où sept villas étaient louées sans licence officielle.
Nui Beach : démolition ordonnée
Parallèlement, à Phuket, les autorités forestières ont ordonné la démolition de 39 structures illégales sur Nui Beach. Les exploitants ont jusqu’au 9 juillet pour restituer le terrain au Département des forêts, sous peine de poursuites. Les tribunaux provinciaux et d’appel ont déjà exigé la libération du site, mais les occupants contestent devant la Cour suprême.
Une campagne nationale
Ces opérations s’inscrivent dans une campagne nationale visant à protéger les zones touristiques et à lutter contre les sociétés écrans. Les autorités affirment que plus de 600 entreprises suspectes dans le sud seront prochainement examinées. Elles insistent sur le fait que la Thaïlande reste ouverte aux investissements étrangers légitimes, mais qu’elle ne tolérera plus les montages illégaux.
Coopération internationale
La présence de ressortissants français, polonais, israéliens ou sud‑africains parmi les suspects montre que la lutte contre les prête‑nom dépasse les frontières. Les autorités thaïlandaises ont appelé à une coopération renforcée avec les pays concernés pour démanteler ces réseaux.
Un enjeu économique et social
Au‑delà des chiffres, ces affaires révèlent l’impact des sociétés de prête‑nom sur l’économie locale : inflation des prix du foncier, exploitation illégale des plages et concurrence déloyale pour les acteurs respectant la loi. Les autorités espèrent que ces mesures permettront de rétablir la confiance et de protéger les ressources naturelles.



