
Une découverte exceptionnelle vient de relancer l’intérêt pour le passé préhistorique de la Thaïlande. Le Département des ressources minérales (DMR) a confirmé, le 20 octobre, l’authenticité de six empreintes de dinosaures découvertes dans la province d’Udon Thani, dans le nord-est du pays.
Selon les experts, ces traces remontent à environ 120 millions d’années, au début du Crétacé. Elles appartiendraient à un dinosaure carnivore de la famille des théropodes, un groupe de prédateurs bipèdes auquel appartenait notamment le célèbre Tyrannosaurus Rex.
Les empreintes ont été repérées près du poste de surveillance forestière n°3 de Phu Phra Bat, dans le district de Ban Phue. Leur découverte est attribuée à un habitant nommé Pichai. Après la publication de photos sur les réseaux sociaux, les autorités ont envoyé une équipe sur place afin de procéder à des analyses détaillées.
Les six empreintes forment un unique cheminement fossilisé conservé dans une couche de grès de la formation géologique de Phu Phan. Chacune présente trois doigts pointus caractéristiques des dinosaures carnivores. Les traces mesurent environ 29 centimètres de long pour 26 centimètres de large.
À partir de ces dimensions, les chercheurs ont estimé que l’animal mesurait environ 6,30 m de longueur et atteignait 1,42 m au niveau des hanches. Les spécialistes précisent que cette taille rappelle celle du Siamotyrannus isanensis, un théropode découvert en Thaïlande et ayant vécu à la même époque. Toutefois, aucune preuve ne permet pour l’instant d’affirmer qu’il s’agit de cette espèce précise.
Face à l’intérêt suscité par cette découverte, le gouvernement thaïlandais a rapidement annoncé des mesures de protection. Les empreintes sont considérées comme des fossiles au regard de la législation thaïlandaise, au même titre que des os ou des dents préhistoriques.
Les autorités craignent notamment les dégradations liées à la fréquentation touristique et à l’érosion provoquée par les intempéries. Le Département des ressources minérales travaille désormais avec le Département des parcs nationaux et le Département des beaux-arts afin de sécuriser le site.
Pour le moment, la zone n’est pas ouverte officiellement au tourisme. Les responsables souhaitent d’abord garantir la préservation des empreintes et mener des études complémentaires. À terme, le site pourrait toutefois devenir un nouveau pôle consacré à la paléontologie, à la recherche scientifique et au géotourisme dans l’Isan.
Cette découverte confirme une nouvelle fois la richesse du sous-sol thaïlandais, déjà réputé pour ses nombreux fossiles de dinosaures parmi les plus importants d’Asie du Sud-Est.



