leaders de l'opposition
Bangkok – À l’approche du Conseil des ministres du 5 mai, l’opposition intensifie sa pression pour que le gouvernement approuve la loi sur l’air pur, un texte attendu depuis des années et soutenu par plus de 26 500 signatures citoyennes. Les députés de l’opposition estiment que la santé publique doit primer sur les calculs politiques et que le pays ne peut se permettre d’attendre que la crise de la pollution s’aggrave.
Une échéance cruciale
Parit Wacharasindhu, député du Parti du peuple, a rappelé que le cabinet doit se prononcer avant le 12 mai, soit 60 jours après l’ouverture de la nouvelle législature. Sans résolution d’ici là, le texte risquerait de tomber, réduisant à néant des années de travail collectif. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a indiqué qu’il ne soutiendrait que la version rédigée par son parti Bhumjaithai, ce qui a déçu les groupes civiques ayant contribué à une version multipartite plus stricte envers les pollueurs.
Anutin, bien qu’il ait multiplié les déplacements dans le nord de la Thaïlande frappé par la pollution et qu’il ait formulé des promesses d’action, n’a jusqu’à présent arrêté aucune mesure concrète. Il s’est limité à charger ses ministres d’examiner la situation. Par ailleurs, son parcours et ses prises de position ne témoignent pas d’un engagement marqué en faveur de la cause environnementale.
Mobilisation parlementaire et citoyenne
L’opposition a invité des représentants du Secrétariat du cabinet à une réunion parallèle le 5 mai, afin de garantir la transparence du processus. Parit a assuré que si le gouvernement approuve une version quelconque du projet, l’opposition la soutiendra. En revanche, en cas d’inaction, elle exigera des explications et demandera une nouvelle délibération avant la date limite.
Karndee Leopairote, députée démocrate, a souligné que la pollution atmosphérique ne relève pas seulement de l’environnement, mais constitue une menace pour le tourisme, la santé publique et la stabilité économique. Elle a insisté sur la nécessité de réformes structurelles et de contrôles renforcés à la source.
Un enjeu de société
Jeudi, un réseau d’associations a remis une pétition au comité parlementaire chargé des incendies de forêt et de la crise des particules fines PM2.5. Les représentants ont décrit la pollution comme une crise sociale et structurelle, craignant que le projet de loi ne soit abandonné. Pimpattara Wichaikul, députée Bhumjaithai et présidente du comité, s’est voulue rassurante : selon elle, le texte progresse et n’a pas besoin d’être repris à zéro. Elle a affirmé que le Premier ministre reconnaît le droit fondamental des citoyens à respirer un air pur.
À quelques jours d’une décision clé, l’opposition et la société civile espèrent que le gouvernement choisira de protéger la santé des Thaïlandais. Toute manœuvre qui retarderait le processus parlementaire autour de cette catastrophe environnementale nationale prouverait que le gouvernement n’a que faire du bien-être des citoyens.



