
Entre le 1er janvier et le 26 septembre 2026, la Thaïlande a accueilli 22,66 millions de visiteurs étrangers, soit une chute de 3,65 % par rapport à la même période en 2025. Le ministre du Tourisme Surasak Phancharoenworakul a reconnu que les inondations à Bangkok et les problèmes de bagages à Suvarnabhumi ont pesé sur l’image du pays, au moment même où débute la Golden Week chinoise, même si les inondations de Bangkok n’ont commencé que vendredi dernier.
Une tendance déjà amorcée en 2025
Cette baisse n’est pas une surprise : en 2025, les arrivées avaient déjà reculé par rapport à 2024, marquant le premier ralentissement hors pandémie. La fragilité du marché chinois, combinée aux inquiétudes sécuritaires avait contribué à ce repli qui bénéficie à la Malaisie jugée plus fiable. L’année 2026 devait être celle du rebond, mais les catastrophes naturelles et les dysfonctionnements logistiques compliquent les prévisions, sans parler d’une certain hostilité du gouvernement face aux étrangers.
Les marchés clés
La Chine reste le premier marché avec 3,82 millions d’arrivées, suivie par la Malaisie (2,89 millions), l’Inde (1,68 million), la Russie (1,24 million) et la Corée du Sud (831 000). Les recettes générées atteignent 1,105 trillion de bahts, preuve que les visiteurs dépensent davantage malgré la baisse des flux.
Golden Week sous surveillance
La semaine du 20 au 26 septembre avait pourtant montré des signes positifs : 482 751 visiteurs, soit +4 % par rapport à la semaine précédente. Les arrivées chinoises avaient bondi de 42 %, atteignant 94 343. Le TAT espérait 250 000 visiteurs chinois entre le 25 septembre et le 7 octobre, avec des dépenses estimées à 11,5 milliards de bahts. Mais les images de rues inondées à Bangkok circulent sur WeChat, Weibo, Xiaohongshu et Douyin, et l’agence surveille de près les réservations de dernière minute.
Aéroports ouverts, mais bagages bloqués
Si les aéroports restent opérationnels, les inondations ont empêché des employés de rejoindre Suvarnabhumi, provoquant des retards de bagages allant jusqu’à six heures. Certains passagers ont quitté le pays sans leurs valises. Thai Airways a mobilisé du personnel administratif et l’armée pour désengorger la situation.
Objectifs difficiles à atteindre
La Thaïlande vise 33 millions d’arrivées en 2026, mais il faudrait encore 10,3 millions de visiteurs d’ici la fin de l’année, soit plus de 108 000 par jour. Même la projection abaissée à 32,6 millions reste ambitieuse.
En 2019, la Thaïlande a accueilli environ 39,9 millions de touristes étrangers, un record historique. En 2024, le pays a enregistré 35,5 millions d’arrivées, soit une reprise solide après la pandémie mais encore en deçà du pic de 2019.
Focus sur Phuket et les Russes
Phuket attire désormais une communauté russe en pleine expansion, estimée à 60 000 résidents venus s’installer depuis le début de la guerre en Ukraine. L’île, qui compte officiellement 432 000 habitants, voit ses quartiers de Bang Tao et Chalong se transformer sous l’effet de cette arrivée massive.
En parallèle, le nombre de visiteurs russes explose : plus de 619 000 arrivées en sept mois, soit deux fois plus que tout autre marché étranger. Beaucoup cherchent à échapper à la mobilisation militaire ou à protéger leurs économies, d’autres simplement à profiter d’un cadre de vie plus sûr.
La communauté s’organise rapidement : écoles russes, consulat, journaux en langue russe, restaurants et commerces affichant en cyrillique. Phuket devient un pôle culturel russe en Asie du Sud‑Est.
Cette présence a des effets économiques visibles : les prix de l’immobilier ont bondi de 50 % en moyenne, certains biens ayant même doublé. Les agents immobiliers rapportent que les achats se font parfois via cryptomonnaies ou transferts parallèles pour contourner les restrictions bancaires.



