Illustration uniquement. Ce produit pourrait ne pas être dangereux.
Le ministère thaïlandais de la Santé publique remet sur la table un texte visant à encadrer la publicité des produits riches en sucre, sel et graisses auprès des enfants. L’objectif est clair : freiner l’augmentation de l’obésité infantile et réduire le risque futur de maladies chroniques, comme le diabète ou les affections cardiovasculaires.
Une bataille de longue haleine
Ce projet n’est pas nouveau. Depuis 2020, la Thaïlande réfléchit à une législation spécifique pour limiter l’influence du marketing alimentaire sur les plus jeunes. Déjà en 2009, une résolution de l’Assemblée nationale de la santé appelait à des règles strictes. Mais le chemin est long : consultations publiques, débats interminables et résistances de l’industrie agroalimentaire ont freiné l’avancée du texte. Les grands conglomérats constituent l’un des piliers de l’« establishment », capable d’imposer son influence et de dicter le rythme politique et économique du royaume. La relance actuelle s’inscrit donc dans un combat mené pas à pas, où chaque étape compte.
Une urgence sanitaire
Les chiffres sont alarmants : en vingt ans, le taux d’enfants en surpoids ou obèses a plus que doublé. Or, un enfant obèse a de fortes chances de le rester à l’âge adulte, avec des conséquences lourdes sur sa santé et sur le système de soins. Les autorités rappellent que les maladies non transmissibles (diabète, hypertension, maladies cardiaques) sont déjà une cause majeure de décès prématurés et pèsent sur l’économie nationale.
Le rôle du marketing
Les experts soulignent que les enfants sont particulièrement vulnérables aux techniques publicitaires : dessins animés, célébrités, promotions, jouets ou encore campagnes sur les réseaux sociaux. En moyenne, les jeunes Thaïlandais passent plus de 12 heures par jour exposés aux médias numériques, multipliant les occasions de voir des publicités pour snacks, boissons sucrées et autres produits transformés. Cette répétition crée des habitudes alimentaires qui s’ancrent durablement.
Un alignement international
La démarche thaïlandaise suit les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé et de l’UNICEF, qui encouragent des lois contraignantes pour protéger les enfants. Plus de vingt pays, dont Singapour, le Royaume‑Uni ou le Chili, ont déjà adopté des mesures similaires. Les résultats montrent une baisse de l’exposition des enfants à ces publicités et, à terme, une amélioration des comportements alimentaires.
Vers une loi concrète
Le projet de loi prévoit d’interdire ou de limiter les publicités ciblant les enfants, que ce soit à l’école, à la télévision ou en ligne. Il s’agit aussi de renforcer l’éducation nutritionnelle et de créer un environnement favorable à des choix plus sains. Les consultations publiques ouvertes jusqu’en juin 2026 permettront d’affiner le texte avant son passage devant le Parlement.
Une étape parmi d’autres
La relance de ce projet illustre la persévérance des autorités sanitaires. La lutte contre l’obésité infantile et les maladies chroniques ne se gagnera pas en un jour : elle exige constance, pédagogie et régulation. Chaque avancée législative, même partielle, constitue une pierre ajoutée à un édifice construit sur le long terme.



