
La Thaïlande va récupérer plusieurs objets archéologiques suspects en provenance du site de Ban Chiang, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le 11 août, l’ambassadrice thaïlandaise en Suisse, Pannapa Chantararom, a rencontré à Bellinzona un citoyen suisse, Albert Schussegger, qui a remis volontairement une collection transmise dans sa famille.
Selon l’ambassade de Thaïlande à Berne, Schussegger avait contacté les autorités pour exprimer son souhait de restituer ces pièces. Le lot comprend des poteries peintes, des outils et armes en bronze, des bijoux et des perles anciennes. Les experts du ministère thaïlandais des Affaires étrangères et du Département des Beaux‑Arts vont examiner les objets afin de confirmer leur origine et leur authenticité, avant leur transfert vers Bangkok.
L’ambassade a salué un geste de coopération et de bonne volonté, rappelant que cette restitution illustre les relations positives entre les peuples suisse et thaïlandais. Le site de Ban Chiang, situé dans la province d’Udon Thani, est considéré par l’UNESCO comme le plus important établissement préhistorique d’Asie du Sud‑Est. Découvert en 1966 et inscrit en 1992, il est célèbre pour ses poteries rouges et ses preuves d’agriculture et de métallurgie du bronze vieilles de plus de deux millénaires.
Cette affaire s’inscrit dans une série de restitutions récentes. En 2024, quatre autres artefacts de Ban Chiang avaient été rendus par les États‑Unis, après avoir été offerts dans les années 1960 à des soldats américains. La même année, l’Art Institute of Chicago avait restitué des fragments architecturaux du parc historique de Phanom Rung, dans la province de Buriram, probablement sortis illégalement de Thaïlande vers 1965.
Pour Bangkok, chaque retour d’artefact constitue une victoire dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels. Les autorités thaïlandaises multiplient les démarches auprès des musées et collectionneurs étrangers afin de rapatrier des pièces dispersées depuis des décennies. Le cas Schussegger montre qu’une coopération volontaire est possible et qu’elle contribue à préserver un patrimoine reconnu mondialement.
Avec cette restitution, la Thaïlande renforce son combat pour protéger ses trésors archéologiques et rappeler l’importance de Ban Chiang comme témoin majeur de l’évolution culturelle et technologique en Asie du Sud‑Est.



