
Un raid mené par la police et la Commission nationale anticorruption (NACC) a révélé l’existence d’un système organisé de manipulation des examens de recrutement pour la fonction publique en Thaïlande. L’opération, menée dans une maison de Nonthaburi, a permis de saisir 18 ordinateurs, des disques de stockage, des listes de candidats ainsi que des copies de près de 3 000 feuilles de réponses.
Selon les enquêteurs, environ 2 000 copies avaient déjà été modifiées. Le réseau proposait ses services contre des sommes considérables : 350 000 bahts pour des postes ordinaires et jusqu’à 800 000 bahts pour les fonctions les plus convoitées. Au total, la campagne de recrutement concernait 87 catégories de métiers et 6 669 postes à pourvoir dans tout le pays.
Le mode opératoire était simple mais redoutable : Les organisateurs récupéraient les copies des candidats, corrigeaient les réponses erronées, puis ajustaient les notes de ceux qui avaient payé. Plus de 9 000 feuilles ont été retrouvées au cours de l’enquête. Dix suspects, tous fonctionnaires, ont été identifiés. Les autorités craignent que certains candidats déjà nommés à des postes officiels aient bénéficié de cette fraude et pourraient perdre leur emploi si les faits sont confirmés. Si cette combine existe depuis des années, ce sont des dizaines de milliers de candidats n’ayant pas su répondre correctement qui se retrouvent pourtant à occuper des postes de responsabilité dans l’administration. Une situation qui peut expliquer l’incompétence de certains fonctionnaires
L’affaire a éclaté après les plaintes de candidats recalés, incapables d’accéder à leurs résultats. Ces anomalies ont déclenché une enquête conjointe de la NACC et de la division anticorruption de la police. Le Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Anutin Charnvirakul, a promis des sanctions exemplaires. Les dommages financiers sont estimés à 4,5 milliards de bahts.
Pourtant, malgré les promesses répétées, ce n’est pas la première fois que de tels scandales éclatent sans qu’aucun changement réel ne soit apporté.
Ce scandale met en lumière la vulnérabilité du système de recrutement public et l’ampleur des pratiques de corruption. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un test crucial pour les autorités thaïlandaises, appelées à restaurer la confiance dans les institutions. Les enquêteurs poursuivent leurs vérifications afin d’identifier tous les bénéficiaires de ce réseau, tandis que les candidats honnêtes espèrent que la transparence sera enfin rétablie.



