
Mardi, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a choisi une mise en scène inhabituelle pour promouvoir la campagne « Thai Help Thai ». Au volant d’une moto équipée d’un side‑car de type épicerie ambulante, il a fait le tour du bâtiment du Thai Khu Fah, siège du gouvernement, accompagné de la ministre du Commerce Suphajee Suthumpun. Objectif : rappeler que l’initiative vise à réduire le coût de la vie grâce à la vente de produits alimentaires et ménagers à prix réduits.
Le décor n’était pas choisi au hasard. Ces motos‑caddies, appelées rot phum phuang, sont familières dans les quartiers thaïlandais, où elles vendent riz, légumes ou produits de base directement aux habitants. En reprenant cette image populaire, Anutin entendait souligner le caractère « proche du peuple » de son programme.
La campagne, lancée en début d’année, s’appuie sur un réseau de camions mobiles, de points de distribution communautaires et de promotions spéciales. Du 15 mai au 14 juin, plus de 3 800 véhicules ambulants doivent proposer 14 produits essentiels — riz, huile de palme, sucre, sauce de poisson, détergent… — via des vendeurs itinérants, des bureaux de poste et des magasins de quartier. Le gouvernement espère ainsi alléger les dépenses des ménages de 280 millions de bahts et contenir la hausse des prix alimentaires.
Pour soutenir les opérateurs, des subventions de carburant sont prévues : 1 000 bahts par mois pour les motos, 3 000 pour les pick‑up. Les vendeurs reçoivent également des kits de démarrage de marchandises. Plus de 10 000 commerçants se sont déjà inscrits, allant du triporteur au camion léger.
Le programme « Thai Help Thai Plus » doit être financé par une partie du prêt d’urgence de 400 milliards de bahts, avec l’ambition d’élargir la distribution à plus de 4 millions de foyers. Suphajee Suthumpun a précisé que les PME, les coopératives locales et les produits agricoles rejoindraient bientôt le dispositif, soutenu par le ministère de l’Intérieur, la Poste thaïlandaise et des plateformes en ligne.
Cette opération, peu coûteuse pour l’État, n’est pas dénuée d’efficacité. Dans de nombreuses familles, le quotidien se résume à un bol de riz agrémenté de sauce de poisson. Offrir ces produits de base à prix réduit répond donc directement aux besoins. Reste que la communication autour de l’événement, avec Anutin en conducteur de side‑car, relevait autant de la politique que du divertissement. Une mise en scène jugée enfantine par certains, mais qui aura marqué les esprits et donné une image populaire à une mesure pragmatique.
Il reste à espérer que le reste des 400 milliards sera utilisé aussi efficacement que ces 280 millions de bahts.



