
La violence a de nouveau frappé le sud de la Thaïlande. Lundi matin, vers 10h30, une bombe artisanale a explosé dans le district de Waeng, province de Narathiwat, visant une patrouille de militaires. L’attaque a coûté la vie au sergent Adisorn Khambunchoei, membre de l’unité spéciale du 11e régiment de rangers. Deux autres soldats, le sergent‑chef Komkrit Ritthaphai et le volontaire Pongsakorn Saenbunmee, ont été grièvement blessés et hospitalisés à Sungai Kolok.
Selon les autorités, l’engin explosif avait été placé sur la route 4057, dans le village de Mai Fad. La déflagration a immédiatement déclenché une opération de sécurisation, avec fermeture du secteur et collecte de preuves par les équipes de sécurité intérieure. Les habitants ont été invités à éviter la zone afin de prévenir tout nouvel incident.
Quelques semaines plus tôt, un policier avait été abattu dans la province voisine de Pattani. L’adjudant‑chef Mayaki Deyo, 50 ans, a été pris pour cible par quatre assaillants circulant à moto et déguisés en ouvriers électriciens. Les tireurs ont ouvert le feu alors que le véhicule de l’officier ralentissait, avant de s’enfuir rapidement. Les forces de l’ordre poursuivent toujours les recherches pour identifier et arrêter les auteurs.
Ces attaques s’inscrivent dans une série de violences récurrentes qui endeuillent les provinces frontalières du sud depuis des années. Narathiwat, Pattani et Yala restent les foyers d’un conflit latent, où les forces de sécurité sont régulièrement visées par des embuscades, des tirs ou des engins explosifs improvisés.
Le Commandement de la sécurité intérieure (ISOC) a présenté ses condoléances aux familles des victimes et appelé la population à signaler toute activité suspecte via la ligne d’urgence 1341. Les autorités insistent sur la nécessité de coopération pour rétablir la paix dans une région où la peur et l’incertitude rythment trop souvent le quotidien.
Ces drames, qui sont souvent passés sous silence par la presse de Bangkok, rappellent l’évidence : les décès de militaires et policiers dans le sud thaïlandais ne sont pas des accidents isolés, mais les symptômes d’un conflit qui perdure.



