
BANGKOK – Pour la première fois en trente ans, les prix des terrains dans les zones les plus recherchées de la capitale thaïlandaise connaissent une baisse spectaculaire de 30 à 50 %. Le marché immobilier, déjà fragilisé par le ralentissement économique et la guerre au Moyen-Orient, voit les propriétaires contraints de brader leurs biens pour trouver preneur.
Des baisses inédites
À Sukhumvit, un terrain de plus de 7 rai près de la station BTS Punnawithi, initialement proposé à 1,3 million de bahts par square wah (520 millions par rai), est désormais affiché à 1 million de bahts par square wah (400 millions par rai). Dans le quartier huppé de Thonglor, les prix sont passés de 2–2,5 millions à 1,5–1,7 million par square wah.
Il convient de préciser que les prix avaient atteint des sommets aussi injustifiés que ridicules.
Selon Wasan Kongchan, président de l’Association de vente et de marketing immobilier, le marché est saturé d’annonces, mais quasiment sans transactions. Les promoteurs ont stoppé leurs acquisitions et repoussé leurs projets, tandis que la mise en œuvre complète de la taxe foncière et immobilière pousse de nombreux propriétaires à vendre leurs terrains vacants.
Un marché résidentiel en crise
Le centre de recherche économique de la Siam Commercial Bank (EIC) prévoit une contraction du marché résidentiel pour la quatrième année consécutive en 2026. Les transferts de logements devraient reculer de 5 % à 824 milliards de bahts, et jusqu’à 15 % en cas de prolongation du conflit au Moyen-Orient.
Les refus de prêts hypothécaires dépassent désormais 50 à 60 %, malgré les mesures gouvernementales (incitations pour les logements de moins de 7 millions de bahts, assouplissement des règles de prêt). Les ménages à revenus moyens et modestes sont étranglés par la hausse du coût de la vie, tandis que les acheteurs aisés reportent leurs investissements.
Impact international
La demande étrangère, notamment chinoise, recule. Le conflit au Moyen-Orient alimente l’incertitude et freine les acquisitions. Toutefois, certains investisseurs fortunés pourraient voir la Thaïlande comme un refuge. Les achats de condos par des étrangers restent un soutien, mais la tendance se déplace vers des unités de prix moyen, davantage destinées à l’usage résidentiel qu’à la spéculation.
Promoteurs prudents
Les grands acteurs comme Sansiri, AP Thailand, Supalai ou AssetWise sont parmi les rares à conserver une capacité d’achat. La plupart des promoteurs privilégient l’écoulement des stocks existants et limitent les nouveaux lancements. En 2026, seules 39 000 unités devraient être mises sur le marché, en baisse de 5 % sur un an.
En résumé, Bangkok vit une correction immobilière sans précédent : prix fonciers en chute libre, demande en berne et promoteurs sur la défensive. Une situation qui reflète la fragilité de l’économie thaïlandaise face aux tensions géopolitiques et à l’endettement des ménages.



