
Quatre écoles privées de Bangkok ont récemment déposé une demande de fermeture, invoquant des difficultés économiques et la baisse continue du taux de natalité. Le ministre de l’Éducation, Prasert Jantararuangthong, a confirmé lundi que ses services évaluent si d’autres établissements pourraient suivre le même chemin.
Un effondrement des naissances. Les chiffres de l’administration provinciale montrent une chute spectaculaire des naissances : 736 352 en 2015 contre seulement 416 574 en 2025, soit une baisse de 43,4 % en dix ans. C’est le niveau le plus bas enregistré depuis environ 75 ans. Cette tendance démographique fragilise directement le secteur éducatif, avec moins d’élèves inscrits chaque année.
Le ministre a précisé que l’État ne peut offrir qu’une aide limitée aux écoles privées, sauf demande explicite. Les élèves concernés devraient toutefois pouvoir être transférés vers d’autres établissements, évitant ainsi une rupture de scolarité.
Le rôle des enseignants étrangers. La Commission de l’éducation privée a également discuté de la possibilité pour les enseignants étrangers de cotiser au Fonds de protection des professeurs des écoles privées. Actuellement, seuls ceux qui contribuent pendant au moins dix ans consécutifs peuvent bénéficier des avantages. Or, la plupart des enseignants étrangers restent en Thaïlande six à sept ans. Le sujet reste en débat, les autorités souhaitant analyser les avantages et inconvénients avant de trancher.
Autres dossiers en cours Le ministère suit aussi les demandes d’exonération fiscale pour certaines écoles privées hors système classique, comme les auto‑écoles ou centres de formation spécialisés. Par ailleurs, de nombreux projets de création de « centres d’apprentissage » sont en attente d’examen.
Le déclin démographique expliqué
La Thaïlande connaît une transition démographique rapide. Plusieurs facteurs expliquent la baisse des naissances :
- Vieillissement de la population : les couples retardent ou renoncent à avoir des enfants.
- Coût de la vie élevé : logement, éducation et santé pèsent sur les jeunes familles.
- Urbanisation et changement de mode de vie : dans les grandes villes, les familles sont plus petites et la priorité est donnée à la carrière.
- Manque de politiques incitatives efficaces : malgré quelques aides financières symboliques, les mesures n’ont pas inversé la tendance.
Cette chute des naissances entraîne une diminution du nombre d’élèves, ce qui fragilise les écoles privées dépendantes des frais de scolarité. À long terme, le pays devra affronter un double défi : maintenir son système éducatif et gérer une population vieillissante avec une main‑d’œuvre réduite.



