
Depuis le 1er avril, Bangkok vit sous une chape de chaleur étouffante. Le « heat index« , qui mesure la température ressentie en tenant compte de l’humidité, est resté dans la zone dite « de danger » – entre 42 et 51,9°C – pendant 19 jours consécutifs. Une situation exceptionnelle qui met la santé publique à rude épreuve.
Les autorités municipales ont multiplié les avertissements : éviter les expositions prolongées en extérieur, surveiller les symptômes de fatigue, vertiges, crampes ou coups de chaleur, et consulter rapidement en cas de malaise. Les groupes vulnérables – personnes âgées, enfants, malades chroniques – sont particulièrement exposés. Pour offrir un répit, la mairie a ouvert 304 “Cooling Centers” ou « pièces rafraîchies » à travers la capitale, où les habitants peuvent se rafraîchir, boire de l’eau et se protéger des températures extrêmes.
Heureusement, la capitale n’a souffert d’aucune pollution atmosphérique ces dernières semaines. Son taux de PM2.5 reste en deçà de la limite thaïlandaise (37 µg/m3) et même de la lime française (25).
Des orages attendus
Le Département météorologique prévoit des orages jusqu’au 25 avril, susceptibles d’apporter un peu de répit. Des rafales, de la grêle et des pluies isolées sont attendues dans le Nord, le Nord‑Est et l’Est. À Bangkok, les orages devraient toucher 10 à 30 % de la superficie, mais les températures resteront élevées, jusqu’à 39°C dans la capitale et 42°C dans le Nord. Les habitants sont invités à éviter les zones découvertes de type préau et les structures fragiles lors des tempêtes, tandis que les marins doivent rester à quai, les vagues pouvant dépasser deux mètres.
Pollution record à Chiang Mai
Au même moment, le Nord du pays suffoque sous une pollution extrême. À Chiang Mai, les particules fines PM2.5 ont atteint 360 µg/m³, soit près de dix fois la limite de sécurité. La ville est plongée dans un brouillard épais lié aux incendies de forêt, avec 27 foyers encore actifs. À Pai, l’indice de qualité de l’air a atteint 472, le plus élevé du pays, et cela fait déjà 42 jours que la région subit des niveaux dangereux. Ce lundi 20, Chiang Mai restait la ville la plus polluée du monde.
Le docteur Atikun Limsukon, spécialiste en pneumologie à l’université de Chiang Mai, alerte : les PM2.5 pénètrent profondément dans les poumons et peuvent provoquer des inflammations sévères, même chez des personnes jeunes et en bonne santé. Il cite le cas d’un touriste de 19 ans hospitalisé pour une grave atteinte pulmonaire après un séjour à Pai et Chiang Mai. Les patients chroniques, eux, voient leur état se dégrader rapidement.
Une double crise climatique et sanitaire
Entre chaleur extrême et pollution record, la Thaïlande affronte une double crise. Bangkok expérimente les limites de son urbanisme face au réchauffement, tandis que le Nord paie le prix des incendies et de l’indiscipline des paysans pyromanes.
Et bizarrement, c’est le moment que choisit l’Autorité du tourisme pour promouvoir la Thaïlande comme destination phare du bien‑être.



