
Le ministère thaïlandais de la Défense a assuré vendredi devant une commission parlementaire que l’augmentation de son budget de personnel était directement liée à la hausse de 10 % des salaires des fonctionnaires sur deux ans. Les responsables militaires ont insisté sur le fait que le programme de réduction des effectifs restait sur les rails.
Réduction progressive des troupes
Le secrétaire permanent à la Défense, le général Tharapong Malakam, a indiqué que 10 274 postes avaient déjà été supprimés depuis 2023 dans le cadre du plan de réforme 2023‑2027. L’objectif est une baisse de 5 % des effectifs, soit 14 598 postes, couvrant officiers, sous‑officiers et soldats volontaires. Le général a ajouté que la réduction des rangs supérieurs suivait un autre plan de long terme, lancé en 2008 et visant à diminuer de moitié le nombre de généraux et d’officiers spécialistes d’ici 2028.
Vers la fin du service militaire obligatoire ?
Concernant le programme de service militaire volontaire, Tharapong a rappelé que le gouvernement visait 100 000 volontaires entre 2027 et 2030, soit 25 000 par an. Si ce chiffre est atteint, le nombre de conscrits annuels serait fortement réduit et la conscription obligatoire pourrait être progressivement abandonnée.
Création d’un commandement interarmées
Le commandant en chef des forces armées, le général Ukrit Boontanon, a présenté le projet de Joint Capabilities Command (JCC), doté d’un budget de développement de 893 millions de bahts. Il a précisé qu’aucun effectif supplémentaire ne serait recruté, puisque plus de 100 postes seraient réaffectés depuis des unités existantes.
Ce nouveau commandement supervisera les opérations cyber, la guerre électromagnétique, les systèmes autonomes, la défense aérienne et les activités spatiales. Il aura aussi pour mission d’harmoniser les plans et doctrines opérationnelles entre les différentes branches de l’armée. Ukrit a souligné que le JCC permettrait de résoudre les problèmes de coordination persistants, chaque service ayant jusqu’ici ses propres procédures d’achat d’équipements. La standardisation concernera notamment les drones et les systèmes anti‑drones, afin d’assurer une meilleure interopérabilité.
Un budget sous contrôle
Malgré la création de cette nouvelle structure, le général Ukrit a assuré que les coûts de personnel devraient baisser, grâce aux réaffectations internes. Le ministère insiste donc sur une logique de rationalisation : hausse des salaires pour les militaires en poste, mais réduction globale des effectifs et modernisation des structures.
Ainsi, la Défense justifie l’augmentation de son budget par la revalorisation salariale, tout en affirmant que la réforme visant à réduire les effectifs et moderniser l’armée reste sur la bonne voie. Le pari est clair : moins de soldats, mieux payés, mais davantage de moyens technologiques, en particulier de drones, pour répondre aux menaces contemporaines.



